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 Dossier Électrochocs

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Hydrazine
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MessageSujet: Dossier Électrochocs   Dim 25 Mar - 15:02

Introduction

Ce traitement de choc, qui créé volontairement un coma épileptique, est administré en cas de dépression et est pratiqué sur des personnes fragiles sans restriction aucune, pour les personnes âgées, les femmes enceintes, voire les adolescents. Actuellement, ils sont pratiqués sous anesthésie générale, ce qui en atténue les manifestations spectaculaires sur les patients, mais malheureusement pas les effets secondaires.





La controverse qui existe dans le milieu médical montre que son utilisation est loin de faire l'unanimité. Ce dossier est destiné à expliquer les dangers de l’électrochoc et à présenter des témoignages de victimes.

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Dernière édition par le Dim 25 Mar - 15:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dossier Électrochocs   Dim 25 Mar - 15:10

Historique

La découverte de l'électrochoc a été faite dans un abattoir. Ugo Cerletti {1877-1963), professeur de psychiatrie à l'Université de Rome "découvrit" le traitement par électrochoc et introduisit son utilisation en psychiatrie.

Voici comment Cerletti raconte lui-même sa découverte. Cet extrait est tiré du livre : "De l'abattoir à l'asile" écrit par le Docteur Thomas SZASZ. « Vanni m'informe qu'à l'abattoir de Rome, les cochons étaient tués par du courant électrique. Une telle information semblait confirmer mes doutes à propos du danger des applications de l'électricité à l'homme. J'allai observer à l'abattoir ce massacre " électrique" , ainsi nommé, et vis que les cochons avaient les tempes prises par de grosses pinces métalliques traversées par un courant électrique (125 volts). Aussitôt que les cochons étaient pris par les pinces, ils devenaient inconscients, engourdis, et après quelques secondes, étaient secoués par des convulsions comme nos chiens d'expérience. Pendant cette période d'inconscience (coma épileptique), le boucher poignardait et saignait les animaux sans difficulté.

De là, je sentis que nous pourrions nous aventurer à expérimenter sur l’homme, et j'informai mes assistants de se préparer à la sélection d'un sujet convenable. Le 25 avri1 1938, le Commissaire de Police de Rome envoya un homme à notre institut avec la note suivante: "S.E., 39 ans, ingénieur, résidant à Milan, a été arrêté à la station de chemin de fer alors qu'il vaguait dans les trains prêts pour le départ sans ticket. Il ne semble pas être en pleine possession de ses facultés mentales, et je l'envoie dans votre hôpital pour qu'il soit mis en observation. Ce sujet fut choisi pour la première expérience sur la production de convulsions électriques sur l'homme.

Deux grandes électrodes furent appliquées sur les régions frontopariétales, et je décidai de commencer avec précaution avec un courant de faible intensité de 80 volts par 0,2 secondes. Aussitôt que le courant le pénétra, le patient réagit par une secousse et les muscles de son corps se raidirent ; puis il tomba à la renverse sur le lit sans perdre conscience. Il se mit à chanter brutalement de sa voix la plus aiguë, et puis se calma. Naturellement, nous qui menions l'expérience, étions en proie à une grande tension émotionnelle et nous sentions que nous prenions un sacré risque. Néanmoins, il était tout à fait évident, pour nous tous, que nous avions utilisé un voltage trop faible. Il fut proposé que nous laisserions le patient se reposer quelque peu et que nous recommencerions l'expérience le lendemain.

Tout à coup, le patient , qui avait suivi de toute évidence notre conversation, dit clairement et sérieusement, dans son baragouin habituel : "pas un autre ! C'est mortel ! ". Je confesse qu'une adjuration si explicite, dans de telles circonstances, et si énergique et autoritaire, venant d'une personne dont le jargon énigmatique était jusque là très difficile à comprendre, ébranla ma déternination à poursuivre l' expérience. Mais ce fut seulement cette peur de céder à une notion superstitieuse qui me poussa à me décider. On appliqua de nouveau les électrodes et on envoya une décharge de 110 volts pendant 0,2 secondes. »

Plus tard, en 1963, dans la revue « Psychosomatics », le psychiatre Franck AYD cite les propres paroles de Cerletti : « Lorsque j’ai vu la réaction du malade, j’ai pensé en moi-même : "cela devrait être interdit ! ". Et, depuis ce jour, je n'ai cessé d'appeler de mes voeux le temps où une autre forne de traitement remplacerait l'électrochoc ».

En France, en 2002, ce traitement est de plus en plus pratiqué et une campagne médiatique tente de le réhabiliter. On s’abrite derrière un terme moins évocateur de décharge électrique mais identique dans son fonctionnement : la sismothérapie.

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MessageSujet: Re: Dossier Électrochocs   Dim 25 Mar - 15:17

Mode d'action

Le traitement par électrochoc, ou sismothérapie, consiste en des décharges électriques de 100 à 200 volts à travers le cerveau, d’une tempe à l’autre (électrochoc bilatéral), ou du front à l’arrière et sur le côté du crâne (électrochoc unilatéral).

Son mode d’action est inconnu, quoique plusieurs hypothèses soient avancées. Le but est de produire volontairement un état de "grand mal épileptique" (crise d'épilepsie) au moyen d’un courant électrique à administration trans-cranienne.

Le nombre total de séances à visée thérapeutique se situe habituellement entre 4 et 20, deux à trois fois par semaine. Comme le taux de rechute est assez élevé (entre 35 et 80% selon les études) surtout sans antidépresseur en relais, il faut pratiquer un traitement de consolidation. (ANAES, Indications et modalités de l’électroconvulsivothérapie, 1998)

Description des effets de l'électrochoc

1. Lorsque le courant de haut voltage frappe le cerveau, il submerge les mécanismes protecteurs normaux du système nerveux central. Le mécanisme « amortisseur » qui évite que les nerfs ne se stimulent trop l'un l'autre est le premier à disjoncter. Un énorme orage électrique cérébral se déclenche à travers le cerveau et dure plusieurs minutes. Ceci épuise complètement les réserves d'oxygène et d'éléments nutritifs du cerveau et est suivi d'un profond état comateux. Toutes les fonctions normales du cerveau sont détruites.

2. D'importants changements du métabolisme et de l'afflux de sang au cerveau sont nécessaires pour faire face à la crise. Bien que le cerveau ne représente que 2 % du poids du corps, il utilise normalement 20 % de sa provision d'oxygène à cause de son taux élevé de métabolisme. L'attaque provoquée par le choc électrique accroît le métabolisme du cerveau d'environ 400 %, augmentant ainsi ses besoins en oxygène et en substances nutritives dans les mêmes proportions.

3. Afin de répondre à la demande d'oxygène et d'éléments nutritifs nécessaires pour conserver le cerveau en vie durant la convulsion, l'afflux de sang au cerveau doit être augmenté aussi d'au moins 400 % . De ce fait, la pression sanguine s'élève de 200 % dans le cerveau avec des résultats catastrophiques.

4. Cette tension artérielle extrêmement élevée dans le cerveau et la défaillance de la régulation de ce flux pendant l'attaque, provoquent l'éclatement de petits, et parfois même de gros, vaisseaux sanguins. De nombreux décès, pendant ou juste après l'électrochoc, sont dûs à ce facteur d'hémorragies cérébrales.

5. Le choc électrique endommage la protection sanguine du cerveau. Cette protection est en fait un mécanisme défensif qui protège l'intégrité chimique du cerveau des matières et des fluides étrangers qui pourraient s'infiltrer et ainsi modifier ou endommager la structure délicate et la fonction du cerveau. La perte de cette barrière protectrice expose les tissus à des composants du sang desquels ils sont normalement protégés. Ceci inclut des drogues de toutes sortes, des protéines, des toxines et autres petites molécules qui ne traverseraient pas normalement cette protection sanguine du cerveau.

6. La combinaison de l 'élévation de la tension artérielle dans le cerveau, des hémorragies et de la rupture de la barrière de protection sanguine provoquent un gonflement du cerveau. La haute pression chasse les protéines et autres substances hors des vaisseaux, désormais poreux, vers le cerveau, et les fluides suivent à leur tour. Les tissus commencent à enfler , pressant le cerveau contre la boîte crânienne. Ce processus, une fois amorcé, devient un cercle vicieux. Comme la pression augmente et comprime le cerveau contre le crâne, les capillaires se ferment et leur enveloppe est endommagée par le manque d'oxygène, les rendant ainsi encore plus poreux. Ceci conduit à un gonflement et à des dégâts plus importants.

7. Le gonflement restreint l'apport de sang à certains neurones, le réduisant au-dessous du niveau élémentaire indispensable. Les cellules nerveuses et autres tissus, privés d'oxygène et d'éléments nutritifs, sont détruits et meurent.

8. Quand bien même cet oxygène est fourni, les neurones meurent lorsqu'ils ont épuisé les sources d'énergie dont ils ont besoin pour fonctionner. Comme le cerveau tarit sa source d'éléments nutritifs, il est irréversiblement endommagé. Si bien que, même quand de l'oxygène est fourni, la raréfaction de ces substances nutritives nécessaires endommage le cerveau et provoque l'état comateux qui suit toujours l'attaque.

9. L'électrochoc entraîne donc la modification de la composition chimique du cerveau. La synthèse de l' ADN et des protéines est inhibée. Un dérèglement des neuro-transmetteurs et d'autres enzymes associées apparaît. La fonction de « centrale de distribution » de la structure chimique du cerveau est ainsi détériorée. Il en résulte une perte de mémoire et de l'orientation spacio-temporeIle.

10. A la suite d'électrochocs, il y a une élévation notable de la quantité d'acide arachidonique dans le cerveau ( acide gras présent dans les cellules vivantes). De grandes quantités de cette substance causent de petites attaques partout dans le cerveau. Comme avec la rupture des gros et petits vaisseaux sanguins, ces dégâts au cerveau surviennent au hasard et ne sont pas limités à la zone assaillie par le choc électrique, et peuvent conduire à la mort.

Ces données médicales ont été tirées des études suivantes : - du Dr Peter Sterling, Professeur de Neurobiologie de la Faculté de médecine de Pensylvanie : "Les dommages causés au cerveau et les pertes de mémoires dues aux électrochocs" - du Dr John Friedberg, neurologue: "Les traitements de choc sont mauvais pour votre cerveau" (Publications Glide, Sa Francisco) - Léonard Roy Franck, auteur: "L 'histoire du traitement de choc" (Ed. NAPA, San Francisco) - Dr Thomas SZASZ, psychiatre et auteur: "La folie, idées et ses conséquences"

De nos jours, une anesthésie générale et d'autres injections accompagnent l'électrochoc comme il est précisé dans l’Encyclopédie medico-chirurgicale.

- la prise de narcotiques : "a pour but d'alléger l'angoisse mentale"

- la curarisation : a pour but " de prévenir des accidents traumatiques
secondaires aux convulsions engendrées par l'électrochoc "Une anesthésie générale précède la curarisation afin que le sujet ne soit pas impressionné par la paralysie des muscles respiratoires." Si ces éléments réduisent les manifestations spectaculaires (angoisses, tétanisations et secousses du corps), les dégâts causés au cerveau - et décrits dans les 10 points précédents - sont eux toujours présents.

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MessageSujet: Re: Dossier Électrochocs   Dim 25 Mar - 15:25

Effets secondaires

Voici les effets secondaires les plus fréquents tels que décrits dans l'ENCYCLOPEDIE MEDICO-CHIRURGICALE, chapitre : techniques de l'électrochoc :]

1) Les troubles mnésiques et confusionnels : ". . . demeurent gênants. Ils apparaissent même plus précoces et plus durables depuis l'utilisation des barbituriques. "

2) Les accidents neuropsychiatriques : « ils sont dominés par les troubles de la mémoire, . . . par des syndromes d 'agitation et des syndromes confusionnels, confuso-délirants ou délirants peuvent se dévoiler ».

3) L'épilepsie"certains accès épileptiques généralisés surviennent quelques heures après la séance, d'autres quelques semaines après l'arrêt du traitement. "

4) Les syndromes confusionnels : "ils sont une complication assez fréquente des cures sismothérapiques. Dans la pratique moderne de l'électrochoc, l'anesthésie et les prémédications variées peuvent aussi participer à la survenue de syndromes confusionnels ".

5) Les troubles de la mémoire : "sont l'inconvénient majeur de l'électrochoc ... Ils sont fréquents. Certains chercheurs estiment que la possibilité de stockage mnésique est irréversible même si elle peut être compensée par l'apprentissage. " D’après le docteur Lacoume (Le Généraliste FMC du 20/02/1998), "les troubles mnésiques sont constants mais toujours régressifs". Pour l’ANAES, "l’amnésie rétrograde peut être durable chez certains patients". Or, une étude de 1983 montre que, 3 ans après le traitement de choc, 50% des patients ayant reçu des chocs électriques bilatéraux, se plaignent d’une mémoire défaillante. ( Shock Treatment is not Good for Your Brain -San Francisco: Glide Publication, 1976). "Mais que dire d’un traitement qui nous fait parfois oublier qu’on a des enfants, qui peut provoquer une incapacité à faire la cuisine, qui rend nos propres vêtements inconnus, qui fait oublier qu’on prend un traitement, qui rend les psychothérapies parfois inefficaces, car le patient est incapable de se souvenir du contenu de la précédente séance ou du psychanalyste".

6) Anxiété due au traitement : Pour l’ANAES, cela peut se révéler anxiogène chez certains patients. D'après le professeur Baruk : " On s’aperçoit que les sujets soumis à l’électrochoc sont pris d’une véritable panique lorsqu’ils voient approcher d’eux des appareils rappelant ceux de l’électrochoc. Pourtant, ils ne devraient pas en avoir conscience puisque, le plus fréquemment, on les endort au préalable avec une injection intraveineuse. Or, leur terreur est indicible, bien qu’ils ne sachent pas en principe qu’ils ont subi ce traitement. Si donc la peur n’a pas envahi la conscience, du moins elle a pénétré dans les tissus... D’autre part, si les électrochocs abrègent les états dépressifs, ils favorisent le retour de certaines crises. En effet, la stimulation violente qu’elle provoque entraîne brusquement le malade de la dépression à l’euphorie et même à l’excitation. L’augmentation de ces oscillations accélère le développement de ces accès, surtout lorsqu’ils sont périodiques. Les phases de dépression et d’excitation sont plus courtes mais aussi plus rapprochées. En accroissant la fréquence, l’électrochoc aggrave la maladie qu’il semble abréger". Et aussi: " Les défenseurs de l’ECT disent que grâce à la mise en place de l’anesthésie pour rendre la procédure sans douleur, l’horreur que suscitait l’ECT relève désormais du passé. Cet argument oublie un point : c’est la désorientation mentale, la perte de mémoire, la perte des aptitudes mentales, la réalisation après s’être réveillé de la thérapie que la conscience de soi-même est détruite par le traitement, qui induit la terreur, pas seulement et même la douleur physique " Un autre point de vue sur la question: " Le soi-disant stress (syndrome des électrochoqués) est en général le stress de l’opérateur et non celui du malade " (C. Ursat, Thèse de Saint-Etienne de 1996)

Mortalité due aux électrochocs

Selon l’ANAES, les décès sont rarissimes : 2 pour 100 000 séances d’électrochoc, un patient sur 10000. Selon d’autres sources, le taux de décès est plus proche de 1 sur 200. (Dennis Cauchon, " Patients often aren’t informed of full danger " USA Today. " Une étude de 1993 rapporte un taux de décès de plus de 25% parmi les personnes âgées l’année suivant les traitements par ECT comparé à moins de 4% de ceux qui n’ont pas eu d’ECT " (Black... " Does treatment influence mortality in depressives : a follow up of 1076 patients with major affective disorder " Annals of Clinical psychiatry 1.3.) Extraits de l'ouvrage: "L'électrochoc : ses effets invalidants sur le cerveau" du Dr R. Breggin publié en 1983 chez Fayot. « Les Dr Alexander, Gahagan et Lewis signalent, pour leur établissement, un taux de mortalité consécutive aux électrochocs de 1 pour 1000 et décrivent quatre autopsies, dont deux révèlent une détérioration cérébrale. Madow publie un long article, dans lequel il évalue à 40% le pourcentage de décès causés par les complications cérébrales dues au traitement ».
Le docteur Impastato confirme le taux global de 1 pour 1000 donné par Alexander et annonce un taux spécifique de mortalité de 1 pour 200 chez les patients de plus de 60 ans". De plus son étude confirme que "les électrochocs peuvent provoquer, et provoquent effectivement, une détérioration cérébrale suffisamment grave pour entraîner la mort. " Par ailleurs, " tout indique que le taux de mortalité imputable aux électrochocs a augmenté avec l'introduction des anesthésiques. "

Cas de suicide après électrochocs

Une étude a trouvé que le taux de suicide est presque doublé pour les personnes ayant subi une ECT : 14% de décès en comparaison à environ 7,5% pour le groupe qui n’en a pas reçu ! (Black,D. W. et al. -1989- Does treatment influence mortality in depressives: A follow up of 1076 patients with major affective disorders. Annals of Clinical Psychiatry. 1,3, 165-173.)
Il est certes vrai que l'électrochoc est communément administré sur des personnes à tendance suicidaire. Le docteur Breggin précise, dans son ouvrage "L’électrochoc, ses effets invalidants sur le cerveau" : "On ne dispose d’aucune preuve indiquant que le traitement affecte le taux de suicide de quelque manière que ce soit. Au contraire, comme le fait observer Eastwood et Peakcock (1976), dans une étude épidémiologique récente, " ...Bien que l’électrochoc existe depuis 40 ans, rien n’a encore été démontré concernant son action sur le taux de suicide " " "Plutôt qu’éliminer la dépression, la perte de mémoire et la perte des aptitudes mentales causées par l’ECT, cela a provoqué tant d’angoisse chez les patients qu’ils se sont suicidés après avoir reçu le " traitement "(Lawrence Stevens, JD).

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MessageSujet: Re: Dossier Électrochocs   Dim 25 Mar - 15:34

L'avis des experts

Ugo Cerletti - Psychiatre, Inventeur des électrochocs.

Citation:
"Lorsque j'ai vu la réaction du patient, je me suis dit: "Ca devrait être aboli."


Dr Henri Grivois - psychiatre Hotel-Dieu à Paris

Citation:
"Certains ont l'électrochoc facile et le prescrivent quand ils ne savent pas quoi faire."


Professeur BARUCK, membre de l'Académie Nationale de Médecine. Extrait de "Mémoires d'un neuro-psychiatre"

Citation:
" En général, le malade ne se souvient de rien, au fond, il s'agit ni plus ni moins d'une crise d'épilepsie provoquée par l'électricité. Il bénéficie donc si j'ose dire, de l'amnésie qui caractérise cette maladie. On s'aperçoit cependant que les sujets soumis à l'électrochoc sont pris d'une véritable panique lorsqu'ils voient approcher d'eux des appareils rappelant ceux de l'électrochoc. Pourtant, ils ne devraient pas en avoir conscience puisque, le plus fréquemment, on les endort au préalable avec une injection intraveineuse. Or, leur terreur est indicible, bien qu'ils ne sachent pas en principe qu'ils ont subi ce traitement. Si donc la peur n' a pas envahi la conscience, du moins elle a pénétré dans les tissus . . . D ' autre part , si les électrochocs abrègent les états dépressifs, ils favorisent le retour de cerlaines crises. En effet, la stimulation violente qu' elle provoque entraîne brusquement le malade de la dépression à l’euphorie et même à l’excitation. L'augmentation de ces oscillations accélère le développement de ces accès, surtout lorsqu'ils sont périodiques. Les phases de dépression et d’excitation sont plus courtes mais aussi plus rapprochées. En accroissant la fréquence, l'électrochoc aggrave la maladie qu'il semble abréger. Enfin, la secousse de l'électrochoc peut détenniner des vasoconstrictions brusques des vaisseaux cérébraux qui, chez des sujets fragiles, peut déterniner soit des hémorragies cérébrales comme l’a rapporté le Professeur HALPERN (de Jérusalem), soit de petites hémorragies capillaires. J'ai donc été amené à m'élever vigoureusement contre cette méthode de l'électrochoc qui n'a jamais été utilisée dans mon service, et j'ai montré que sans l’utiliser, on peut soigner les malades par d'autres méthodes plus fructueuses, plus humaines et moins dangereuses ! "


Docteur Thomas SZASZ, Professeur de psychiatrie à l'université de Syracuse de New York :"

Citation:
C'est de la barbarie. Je ne l'ai jamais utilisé et je ne voudrais jamais l'utiliser. Je ne peux même pas imaginer que je pourrais le recommander. Si quelqu'un me questionnait à ce sujet, j'avancerais que les neurologues font tout leur possible pour empêcher des attaques chez les personnes qui sont atteintes d’épilepsie, car chaque fois qu'une personne a une attaque, son cerveau est endommagé. Cependant, les psychiatres affirment que le fait de provoquer une attaque est une forme de traitement. Mais alors, l'histoire de la médecine est rempli d'exemples de ce qu'on appelle des cures qui étaient en fait nuisibles ".


Dr Breggin, Psychiatre :

Citation:
"Depuis 40 ans, on a accumulé une masse impressionnante de preuves qui démontrent que l'électrochoc endommage le cerveau et entraîne son dysfonctionnement. " "Une convulsion généralisée laisse l'être humain dans un état où tout ce qui contribue à faire sa personnalité a été anéanti. La stupeur, la confusion et le dysfonctionnement mental total dont le sujet est atteint après un seul électrochoc sont tels qu'il est incapable d ' écrire correctement son nom pendant les 20 à 30 minutes qui suivent le traitement. "


Dr H. Arnold

Citation:
"Il faut garder à l'esprit que l'objectif de l'électrochoc est la destruction des cellules nerveuses. Autrement dit, la production d'une lésion cérébrale contrôlée ".


Dr L. Vilov

Citation:
"On peut affirmer que l'utilisation continue d’électrochocs est non éthique et source potentielle de hasard médico-légal".


Dr M. Korenberg

Citation:
"Un autre effet des électrochocs est la perte de mémoire qui persiste plusieurs années après. Un autre effet à long terme est l'incapacité à apprendre. Une étude, poursuivie pendant 15 ans après un traitement aux électrochocs, a conclu que les chocs causaient des dégâts irréversibles au cerveau. "


Dr J. Maurice Grimes

Citation:
"Dans les cas d'amnésie causée par les chocs électriques, le niveau intellectuel est baissé dans son ensemble. "

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MessageSujet: Re: Dossier Électrochocs   Dim 25 Mar - 15:46

Témoignages

Citation:
"Quel est le sens d’avoir ruiné ma tête et effacé ma mémoire, qui est mon capital, et ainsi m’enpêcher de travailler ? C’était une cure brillante mais nous avons perdu le patient. " Ernest Hemingway

Ernest Hemingway, écrivain, prix Nobel, se suicida après avoir terminé un traitement aux électrochocs.


Témoignages recueillis lors des manifestations devant les hôpitaux français

Une dame de 50 ans déclare avoir subi des ECT il y a quelques années. « J’étais jeune, environ 20 ans, j’ai dû faire face à une déception amoureuse. J’étais malheureuse. J’ai attéri chez un psychiatre. C’était horrible : tous les matins on venait me chercher pour la séance d’électrochocs. Cela a duré des semaines. Inutile de vous dire que quand je suis sortie au bout de plusieurs mois, j’étais vidée. J’ai eu un mal fou à avoir une activité salariée. Aujourd’hui soit des années après, je souffre de migraines permanentes et violentes sur la moitié droite du crâne. »

Témoignage de Maïté L. Elle fait une dépression nerveuse suite à une déception sentimentale.Elle entre dans une maison de santé privée pour une cure de sommeil. Cependant, elle a toujours des insomnies. Le docteur affole ses parents qui l'amènent à Sainte-Anne. En deux mois, elle a 14 électrochocs sous anesthésie et contre son gré. Alors qu'elle était professeur de philosophie et parlait trois langues, elle se rend compte qu'elle ne parle plus que le français. Ses pertes de mémoire sont énormes. Elle ne se rappelle plus de grandes périodes de sa vie. De plus, elle a perdu tout sens de l'orientation et se retrouve souvent dans une direction opposée de celle où elle voulait aller. Son élocution est aussi très lente. En revanche, elle a toujours ses insomnies.

Témoignage de Claire M. Son mari la trompe. Il veut se débarrasser d'elle et la fait passer pour folle. Elle est internée dans un hôpital psychiatrique et tente de s'en échapper. Mais elle est rattrapée et l'électrochoc est utilisé comme punition. Voici le témoignage de ce moment: "... c'est alors que les infirmières en branle bas de combat m’ont attachée au lit et que l'une d'elle a pratiqué une seconde anesthésie. Les jours suivants, je me suis éveillée et je constatais des marques bleues sur tout le côté droit, le bras puis la main complètement paralysés. Je ne pouvais parler, je ne me souvenais plus de rien » .Après sa sortie de l'hôpital psychiatrique, elle dit, en parlant de son mari qui avait obtenu ce qu'il voulait: " Michel pouvait délibérément conduire sa nouvelle vie sans crainte aucune. J'étais amnésique !"

En guise de conclusion, prenons celle d'un article sur les électrochocs publié en juin 1995 dans "Actualités Médicales Internationales - Psychiatrie" par le Dr. Delbrouck :

" A l'aube du troisième millénaire, le bricolage empirique que constitue l'électrochoc, seul survivant des thérapies de chocs, garde tous ses mystères. Dans une époque marquée par la hantise des bavures médicales, on continue d'électrifier des cerveaux dans la plus pure tradition chamanique en s'émerveillant de résultats que rien ne parvient à expliquer. Tel l'horizon, la compréhension du mode d'action des ECT s'éloigne au fur et à mesure que l'on tente de s'en approcher ... A moins que, ce ne soit que le reflet de notre incapacité à appréhender les fondements de pathologies dites mentales."

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MessageSujet: Re: Dossier Électrochocs   Dim 12 Sep - 3:52

Bonjour !
Bien que ce sujet date de 2005, je tiens à apporter mon témoignage, car ce que je lis me choque.

Je suis française de la région lyonnaise, j'ai 58 ans et j'ai mis en ligne mon parcours de santé mentale sur un blog. C'est http://parcours-de-sante-mentale.over-blog.fr/#

Si j'ai trouvé votre forum, c'est parce que je constate régulièrement que mon blog est fréquenté par des gens motivés pour s'informer sur les électrochocs, ou plus précisément la sismothérapie ou électroconvulsivothérapie. Je consulte les moteurs de recherche, et je découvre avec stupeur, que bon nombre de sites ont pour motivation de dénigrer cette technique et que tous les moyens sont bons pour y parvenir. Cela me rappelle le jour où j'ai bien déliré en faisant éclater ma colère quand je me suis exprimée pour la 1ère fois sur le sujet. J'en ai laissé une trace dans le chapître 7.

Si vous lisez mes 2 chapitres (7 et 32) sur le sujet, puisque j'ai eu en 1990, 2 séries de 12 sismothérapies, et et début 2007, 1 série de 10, vous verrez que non seulement ce traitement m'a permis de sortir d'une dépression profonde résistante aux antidépresseurs, mais que je n'en garde aucune séquelle. Et j'en profite bien !

A propos de séquelles, on m'avait annoncé des troubles de mémoire temporaires, dont l'intensité pouvait varier selon les personnes, mais on m'a bien spécifié que ceux-ci étaient réversibles, et ce fut le cas.

Cela me fait mal au coeur d'imaginer que des personnes réellement dans la dépression profonde puissent ne pas bénéficier de ce traitement à cause de l'imaginaire débridé d'autres personnes, elles, bien valides.

Je compte malheureusement dans mon entourage direct, soit familial, soit amical, des personnes bipolaires comme moi et un schizophrène. Une de mes amies a eu aussi, très récemment, des séances de sismothérapie avec un très grand succès. Ils ont choisi d'utiliser cette technique car c'était un cas d'urgence, elle a échappé de justesse à l'admission en réanimation, car elle avait maigri de façon spectaculaire en peu de temps, il n'avaient plus le temps d'essayer autre chose.
Et elle est vraiment ravie du résultat !

Je ne connais aucun cas d'utilisation actuelle de la sismothérapie comme punition en France.
On voudrait nous faire passer pour des arriérés !

La réalité est que l'information que tout le monde mémorise, c'est celle qui frappe l'imaginaire et surtout celle qui fait peur. Et que c'est facile de se souvenir de "Vol au dessus d'un nid de coucous" (je ne me souviens plus du titre en anglais), et que trop de monde en fait son image de la maladie mentale.

Bien à vous


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MessageSujet: Re: Dossier Électrochocs   Sam 20 Nov - 3:41

Bonjour,
J'ai fait quelques recherches, et j'ai pu constater que les équipements pour pratiquer la sismothérapie ont beaucoup évolué, que des recherches ont été effectuées pour améliorer les résultats, mais aussi pour la diminution des effets secondaires à court terme.
Sur un forum infirmier, j'ai pu constater aussi que selon les hopitaux et cliniques où la sismothérapie est pratiquée, l'appareillage, les méthodologies et processus varient d'un établissement à l'autre. Certains établissements n'auraient même pas de processus écrits !!!des appareillages obsolètes !
Et c'est là, à mon avis où le bât blesse. Et expliquerait probablement ces distorsions.

Exigez :
1. Des processus et méthodologies strictes qui ont fait leurs preuves.
2. Exigez la transparence : les méthodologies et processus utilisés dans la clinique où j'ai été soignée (elle a une très haute réputation : Meyzieu, banlieue lyonnaise France) la technique pratiquée est publiée sur le net. voir émission "les jeudis de l'europe"
Exigez de même des contrôles externes.
Ce qui ne semble pas être une méthode trop utilisée en France... pourtant, dans l'industrie, le bâtiment, etc. c'est courant

Ne comptez pas sur moi pour me battre contre la sismothérapie, par contre pour la standardisation et le contrôle des processus : OUI, pour la transparence OUI !
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Dossier Électrochocs

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