Le délit d'opinion du Doc MaillouxC'est une décision politique qu'a rendue le comité de discipline des médecins contre Pierre Mailloux, il y a 10 jours. Le dossier présenté par le syndic ne justifie pas une radiation provisoire, une mesure hautement exceptionnelle appliquée aux pires des cas.
Entendons-nous bien : le Doc Mailloux a peut-être commis les fautes professionnelles qu'on lui reproche. Mais il faut comprendre qu'on est ici à un stade préliminaire, où l'on ne décide pas de la culpabilité du médecin. Il s'agit d'une mesure d'urgence, appliquée aux cas les plus évidents, pour sortir un professionnel de l'arène.
Exemple: Un médecin accusé d'agressions sexuelles à répétition. Exemple: Un médecin souffrant d'une incapacité mentale évidente. Exemple: Un médecin qui prescrit des narcotiques à des toxicomanes. Exemple: Un total incompétent qui prescrit n'importe quoi et tout croche.
Il est frappant que, dans sa décision du 23 janvier, le comité de discipline ne compare le cas de Mailloux à aucun autre de ces cas de radiation provisoire pour tenter de nous convaincre que la santé et la sécurité du public nécessitaient une telle mesure d'urgence.
La raison est simple : son cas ne se compare nullement aux exemples que je viens de citer.
Pierre Mailloux est un peu «flyé» dans les encoignures, marginal dans sa pratique, excessif dans ses propos radiophoniques, insupportable aux yeux de plusieurs, même. Mais ce n'est pas un incompétent.
Que lui reprochait-on? D'avoir prescrit des doses massives et excessives d'antipsychotiques à quatre patients. Les experts nous disent que, avec ce qu'on sait de ces médicaments de nos jours, il est inadmissible et dangereux de prescrire de telles doses. Un de ces patients avait des effets secondaires importants et un autre a été mal diagnostiqué, nous dit-on.
À première vue, c'est sérieux. C'est peut-être fautif. Mais sachons ceci : d'abord, Mailloux traite des cas extrêmement lourds, que lui envoient avec plaisir certains collègues; il a peut-être tort de prescrire ainsi, mais il le fait pour une raison, pas par hasard; deuxièmement, ni les patients ni les familles ou les responsables de ces patients ni d'aucun autre n'ont jamais porté plainte; ce n'est jamais arrivé en 27 ans de pratique; troisièmement, le directeur de l'hôpital de Trois-Rivières s'est porté à la défense du psy.
Peut-être, une fois le débat de fond terminé, pourra-t-on conclure que Mailloux est fautif. Mais quand le directeur de l'hôpital vient réitérer sa confiance dans son psychiatre, il est difficile de conclure à un cas lourd et urgent.
Le vrai motif de cette radiation est dans les autres plaintes : le délit d'opinion de Mailloux dans ses propos radiophoniques à CKAC. Eh oui, il traite de «truie» la grand-mère d'une auditrice. Eh oui, sans aucune preuve, il accuse les parents de tel autre. Il parle abondamment de bandaison, il en a contre les «Germaine», contre la «féminisation» de sa profession et du Québec tout entier.
Parlez-nous de votre mère, docteurEt depuis toujours, il renvoie du psychiatre et de la psychiatrie une image détestable aux yeux de son milieu. Ça rend bien de ces gens malades, et on les comprend. Mais cet immodéré impénitent est-il un danger public extrême au point de devoir le radier sans autre forme de procès? Clairement, non. D'autant plus que la preuve d'un préjudice est inexistante. Ces quatre patients n'ont pas été examinés par les experts du syndic.
C'est pourquoi, d'ailleurs, vu que le délit radiophonique ne suffisait pas, on s'est mis en chasse contre lui. On a fini par l'attraper avec cette histoire de prescription. On a mélangé tout ça et on s'est dit : cette fois, on le tient!
Encore une fois, il se peut qu'il soit fautif. Je dis simplement ceci : ce n'est pas vrai qu'il est le psychiatre le plus dangereux au Québec. Mais les incompétents silencieux, ceux qui pratiquent mal sans dire de gros mots à la radio, il en faut épais pour les coincer, pas mal plus épais!
C'est en tout cas ce que nous apprend la jurisprudence du comité de discipline des médecins.
Évidemment, Mailloux a couru après. «Conseillé» par deux avocats, il se défend lui-même, ce qui n'est pas plus brillant que d'être son propre psychiatre, vu la gravité des conséquences. Est-ce par avarice ou par sentiment de supériorité?
Tout aussi évidemment, il est trop content de laisser le Collège des médecins le transformer en victime de la liberté d'expression. Pas question pour Narcisse de faire des compromis, de s'amender ou de modérer ses transports. Après tout, comme il dit, ce n'est pour lui qu'une affaire de 18 000 $ par année. Il ne pratique qu'à raison de deux demi-journées par semaine.
Cout' donc, c't'une pratique de femme, pour ne pas dire de fifi, ça, Doc, hum?S'il avait d'abord à coeur l'intérêt des 320 patients qu'il traite, peut-être se serait-il arrangé pour éviter cette radiation provisoire. Il le pouvait sans effort démesuré et en restant lui-même.
Mais ça n'excuse pas le comité de discipline d'avoir rendu cette décision mal motivée et prématurée qui flaire le règlement de comptes.
Source : La Presse le lundi 05 février 2007, opinion, Yves Boisvert
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Pierre Mailloux Un extrait : Il est super ! malheureusement il est tout seul de sa gagne... Il devrait en avoir beaucoup plus comme lui... Et oui les québécois on besoin d'être réveiller à l'occasion et un petit coup de pied (amical) à la bonne place ça fait du bien... Longue vie à Pierre Mailloux et je souhaite longue vie à sa tribune téléphonique, je l'écoute depuis les tous début il y a plus de 11 ans et il m'aide beaucoup dans mon cheminement personnel !! Merci Une québécoise heureuse qui aime la vie !
P.S. Non il n'est pas misogyne il faut l'écouter jusqu'au bout de son exposé...
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