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| | | Pédopsychiatrie: des patients de plus en plus jeunes? | |
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Hydrazine Administrateur


Nombre de messages: 443 Age: 56 Organisme: Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ Date d'inscription: 03/09/2005
 | Sujet: Pédopsychiatrie: des patients de plus en plus jeunes? Dim 11 Fév - 6:59 | |
| Pédopsychiatrie: des patients de plus en plus jeunes?
Selon des pédopsychiatres interviewés par le journal La Presse, il y aurait une tendance à ce que les patients en pédopsychiatrie soient de plus en plus jeunes à présenter des troubles sévères. «Les patients nous arrivent de plus en plus jeunes», dit Luc Blanchet, pédopsychiatre à l'hôpital Jean-Talon. «On ne peut pas démontrer ça de façon empirique, mais il y a comme une tendance», poursuit-il. À 8 ou 10 ans, raconte-t-il, des enfants consultent pour des problèmes d'anxiété grave. «Même à 6 ou 7 ans, on a des petits garçons qui parlent de mort.» Par exemple, ce cas extrême, un enfant de 4 ans est hospitalisé en psychiatrie parce qu'il s'était volontairement jeté devant une voiture. Tentative de suicide. À 4 ans. En 12 ans de pratique dans un grand hôpital québécois, le pédopsychiatre n'avait pratiquement jamais vu ça. "Il y a 10 ans, «on ne voyait pas de maladies psychiatriques comme telles chez les jeunes. Maintenant, c'est monnaie courante chez les adolescents et de plus en plus fréquent chez les enfants», dit la pédopsychiatre Marie Plante, du Centre hospitalier universitaire de Québec. Pourquoi? Évidemment, les diagnostics sont de plus en plus précoces et précis. «On dépiste plus tôt, on dépiste mieux. Avant, plusieurs enfants qu'on voit ici n'auraient pas consulté», souligne Patricia Garrel, chef du service de psychiatrie de Sainte-Justine. Mais le développement même des enfants pourrait aussi être en cause. «Le développement cognitif des enfants se fait plus rapidement. Or, la dépression est liée au développement cognitif», explique le psychiatre Jean-Jacques Breton, de l'hôpital Rivière-des-Prairies. «Le stress de nos vies fait ressortir les fragilités plus vite», ajoute Marie Plante. (...) Au Centre jeunesse de Montréal, on fait le même constat. À tel point qu'un projet d'entente vient d'être conclu avec deux hôpitaux de Montréal pour créer un hôpital de jour pour des tout-petits de moins de 5 ans atteints de problèmes de santé mentale. «La clientèle s'alourdit chez les petits», constate Anne Duret, coordonnatrice au soutien à l'intervention au CJM. Le Dr Breton a établi au début des années 90 que, parmi les jeunes de 6 à 14 ans, un sur cinq souffre de problèmes de santé mentale, pris au sens large. Pour un jeune sur 10, le trouble est grave. «C'est un chiffre modéré», précise-t-il. Car depuis 10 ans, ces données ont probablement fait un bond. «Les troubles alimentaires augmentent. Les dépressions surviennent plus tôt.» Le drame, c'est que ces enfants malades et leurs parents ont beaucoup de difficulté à obtenir de l'aide. Seuls 15 % des jeunes gravement atteints seront vus par un psychiatre. «Il nous en échappe énormément», dit Luc Blanchet." Comme nous le rapportions récemment, les pédopsychiatres craignent que le plan d'action gouvernemental en santé mentale ne vienne réduire davantage l'accès aux services pédiatriques. Source: Cyberpresse, 5 février 2007 _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum
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|  | | Blanche Mer Modérateur


Nombre de messages: 21 Age: 43 Organisme: Vaisseau D'Or Date d'inscription: 10/11/2006
 | Sujet: Re: Pédopsychiatrie: des patients de plus en plus jeunes? Lun 26 Fév - 14:44 | |
| Le dimanche 25 février 2007 pris intégralement dans Cyberpresse Santé Un article qui fait réfléchir??? La psychiatrie à 2 ans [email]Mathieu Perreault[/email] La Presse Faut-il prescrire des médicaments psychiatriques aux enfants d'âge préscolaire ? De plus en plus de pédopsychiatres utilisent des médicaments contre l'hyperactivité comme le ritalin, avec des enfants de 3 ou 4 ans. Mais la mort récente par surdose d'une fillette de 4 ans, à Boston, qui avait reçu à 2 ans un diagnostic de dépression bipolaire, a braqué les projecteurs sur un phénomène encore plus troublant : le traitement avec des médicaments de la dépression et de l'anxiété chez les enfants à peine en âge de marcher.Le pharmacien s'était inquiété des nombreux renouvellements d'ordonnances. La pédopsychiatre avait menacé la mère d'une dénonciation à la DPJ parce qu'elle dépassait les doses de médicaments. Mais cela n'a pas suffi. Le matin du 13 décembre dernier, la police de Hull, près de Boston, a trouvé Rebecca Riley sans vie, sur le plancher de la chambre à coucher de ses parents, après un appel au 911. Un toutou brun était à côté d'elle, et elle portait une couche rose. Elle avait 4 ans. La petite Rebecca avait reçu à 2 ans un diagnostic de dépression bipolaire. Elle prenait chaque jour trois médicaments psychiatriques différents, du clonidine, du depakote et du seroquel. Ses parents lui disaient qu'il s'agissait de «pilules pour être content» (happy pills). Ils forçaient cependant la dose, et sont présentement accusés d'avoir empoisonnée leur fille. Leur avocat affirme que la faute repose sur la pédopsychiatre qui a prescrit les médicaments.
La tragédie a braqué les projecteurs sur une nouvelle tendance de la pédopsychiatrie : la médication d'enfants d'âge préscolaire. Depuis quelques années, beaucoup d'études ont été publiées sur les symptômes que revêtent à 3 ou 4 ans des maladies d'adultes comme l'anxiété ou la dépression. Certains psychiatres affirment qu'une petite proportion des enfants, un sur 100 000 environ, ont réellement besoin de médicaments psychiatriques avant même d'entrer à la maternelle.
Des enfants qui ne dorment pas
«Les gens qui sont horrifiés par l'idée qu'on prescrive des médicaments psychiatriques à de très jeunes enfants ne voient pas ceux qui fréquentent ma clinique», affirme John Walkup, pédopsychiatre à l'Université John Hopkins, qui a beaucoup écrit sur le sujet.
«Très certainement, les symptômes ne sont pas les mêmes que chez les adultes, notamment à cause du développement encore imparfait du langage. Mais il y a moyen d'utiliser d'autres indices. Par exemple, la dépression bipolaire s'accompagne généralement d'une réduction importante du temps passé à dormir. J'ai déjà vu des enfants de quatre ou cinq ans qui dormaient trois ou quatre heures par nuit, et qui ne semblaient pas particulièrement fatigué durant la journée, à cause de la dépression bipolaire.»
Ces cas sont rares, un sur 100 000 ou même un sur un million, selon le Dr Walkup. Mais le pédopsychiatre américain n'en démord pas : il ne faut rien exclure.
«Je n'aime pas les démarcations trop rigides. Quand j'ai fait mes études, il fallait avoir 18 ans pour recevoir un diagnostic de dépression bipolaire. Des adolescents de 16 ans qui en souffraient recevaient un autre diagnostic et un autre traitement, pour leur plus grand malheur. Il est certain que certains médecins de famille ont trop facilement recours à des médicaments, par manque de temps, et parce que les parents refusent d'admettre que les problèmes de leurs enfants sont liés à des stresseurs familiaux. Mais il y a aussi des enfants qui ne sont pas traités à cause de l'hostilité que suscitent les médicaments psychiatriques. Je pense que l'opprobre jetée par les médias sur les antidépresseurs à l'adolescence a probablement causé plusieurs suicides, parce que des adolescents déprimés n'ont pas été correctement traités. »
Une pédopsychiatre de l'Université Washington à Saint-Louis, Joan Luby, qui a publié plusieurs études sur la dépression en âge préscolaire, estime elle aussi que la médication ne doit pas être écartée. «Il y a peu d'informations sur l'efficacité des pharmacothérapies en bas âge, explique le Dr Luby. La prudence s'impose, mais dans certains cas, des médicaments sont nécessaires, avec une surveillance étroite.»
Mode
L'un des problèmes de la pédopsychiatrie est l'influence des modes. «La dépression bipolaire est devenue un diagnostic fourre-tout», déplore Éric Fombonne, directeur de la psychiatrie à l'Hôpital de Montréal pour enfants et professeur à l'Université McGill.
«C'est l'équivalent de la psychose infantile à une autre époque. Cela ne veut pas dire que la dépression bipolaire n'existe pas chez les enfants. J'en ai vu. Mais très souvent, le diagnostic est fait trop rapidement. Parler de bipolaire à 2 ou 3 ans, ça me paraît absurde. C'est la même chose avec l'Asperger, une forme d'autisme. Dès que l'enfant est un peu isolé et qu'il fait des choses bizarres, on parle d'Asperger, alors qu'il s'agit plutôt de trouble de personnalité ou de développement social.»
Médicaments meilleurs qu'avant
Le Dr Fombonne estime que les prescriptions de médicaments psychiatriques pour les enfants, notamment les neuroleptiques atypiques et les antidépresseurs utilisés pour traiter l'anxiété, ont augmenté trop rapidement.
«Le problème, paradoxalement, c'est que les médicaments sont meilleurs maintenant. Ils ont moins d'effets secondaires. Les médecins hésitent moins à s'en servir. Il faut dire qu'il manque terriblement de pédopsychiatres et que les médecins de famille ont de moins en moins de temps pour les consultations. On retire son regard des problèmes psychosociaux pour se concentrer sur la médication. De plus, plusieurs parents préfèrent que leur enfant ait des médicaments, parce que ça les dédouane.»
Cette déresponsabilisation des parents inquiète Cécile Rousseau, professeure de psychiatrie à l'Université McGill.
«On est passé d'un extrême à l'autre, d'un temps où tout était de la faute des parents, à une tendance à ignorer l'environnement familial, social et scolaire, dit le Dr Rousseau. On se dit que certains enfants sont plus vulnérables que d'autres aux stresseurs de la vie, et qu'il faut donner des médicaments pour pallier ces vulnérabilités. Mais dans mon expérience, quand un enfant en bas âge est triste, le terme utilisé pour désigner la dépression à cet âge, il y a toujours des problèmes familiaux. Ce n'est pas nécessairement de la faute des parents : il peut y avoir des problèmes logistiques, professionnels, l'un des parents est peut-être gravement malade. Mais il n'en reste pas moins que le problème de l'enfant est causé par des circonstances familiales.»
Le Dr Rousseau note que les choix offerts aux enfants peuvent avoir des effets pervers. «Avant, il fallait que les enfants se conforment aux attentes des parents. Maintenant, ils peuvent faire ce qu'ils veulent, en autant qu'ils soient heureux. C'est une responsabilité difficile à porter. Il est difficile de s'opposer à ce désir. Or, les enfants ont besoin de s'opposer aux parents pour bâtir leur identité.»
Blanche Mer |
|  | | Blanche Mer Modérateur


Nombre de messages: 21 Age: 43 Organisme: Vaisseau D'Or Date d'inscription: 10/11/2006
 | Sujet: Re: Pédopsychiatrie: des patients de plus en plus jeunes? Lun 26 Fév - 14:48 | |
| Bonne ou mauvaise nouvelle???? Le dimanche 25 février 2007 Le Ritalin plafonne [email]Mathieu Perreault[/email] La Presse La popularité du Ritalin plafonne au Canada, selon une étude torontoise et de nouvelles données nationales. Après avoir augmenté de 10 % à 20 % chaque année depuis le milieu des années 90, le nombre d'ordonnances n'a augmenté que de 3,8 % entre 2005 et 2006, selon la firme IMS Health.La croissance des ordonnances de médicaments similaires a aussi ralenti, selon IMS Health, passant de 16 % entre 2002 et 2003 à 8 % entre 2005 et 2006. Le Ritalin représente les deux tiers des ordonnances de médicaments contre le trouble de déficit d'attention et d'hyperactivité (TDAH). «Aux États-Unis, le nombre de prescriptions a atteint un plateau au début des années 2000, explique Anton Miller, un psychiatre de l'Université de Colombie-Britannique qui a publié de nombreuses études sur la question. Le Canada est généralement en retard, alors nous commençons tout juste à voir le plateau.» Selon le Dr Miller, le ralentissement de la croissance des ordonnances de Ritalin n'est pas causé par les inquiétudes des parents fortement encouragés par les écoles à donner le médicament à leurs garçons turbulents. «Je crois tout simplement qu'on approche du point où la plupart des enfants qui ont à être traités le sont. Évidemment, il y aura toujours une proportion d'enfants hyperactifs qui n'ont pas besoin de médication, ou dont l'hyperactivité n'a pas été détectée, et qui ne sont pas soignés.» Les récentes augmentations du nombre d'ordonnances pourraient d'ailleurs refléter une meilleure adhésion au traitement, plutôt qu'une hausse du nombre de petits patients, selon des études américaines récentes. Au début de 2006, une psychiatre de l'Université de Toronto a d'ailleurs montré que le nombre de patients hyperactifs suivant une pharmacothérapie a plafonné dans la deuxième moitié des années 90. «Entre 5 % et 9 % des enfants sont hyperactifs, explique Alice Charach, de l'Université de Toronto. Or, la proportion des enfants canadiens qui prenaient des médicaments contre le TDAH, dans les années 90, oscillait entre 1,3 % et 2 %. Je ne pense pas qu'il y a un problème généralisé avec le Ritalin.» Cette proportion est passée de 1,3 % en 1994 à 2 % en 1996, puis à 1,7 % en 1998. Plus de filles qu'avant traitées au RitalinDétail intéressant, la proportion de filles qui prennent du Ritalin a beaucoup augmenté. «Traditionnellement, il y avait quatre fois plus de garçons que de filles sur cette médication. Maintenant, il y en a seulement 2,5 fois plus. C'est probablement dû au fait que les comportements des filles hyperactives sont moins dérangeants : par exemple, elles vont rêvasser. Ça ne veut pas dire qu'elles ne bénéficient pas de la médication.» Une tendance forte pour le Ritalin est la prescription aux adultes et aux enfants d'âge préscolaire, selon le Dr Miller. «Une étude a récemment montré que les parents d'enfants d'âge scolaire aiment beaucoup mieux la médication que la simple intervention behavioriste, c'est-à-dire un cours pour les parents sur la discipline et l'encadrement des enfants.» L'étude du Dr Miller montrait que moins de 0,5 % des enfants d'âge préscolaire recevaient un médicament pour le TDAH au Canada dans les années 90. Les ordonnances de Ritalin au fil des ansNombre d'ordonnances de médicaments contre le trouble de déficit d'attention et d'hyperactivité au Canada Tous les médicaments Ritalin 2002 1,25 million 934 000 2003 1,45 million 1,08 million 2004 1,65 million 1,22 million 2005 1,82 million 1,33 million 2006 1,97 million 1,37 million SOURCE:Source : IMS Health Canada Note : les ordonnances de Ritalin sont incluses dans la colonne " Tous les médicaments " |
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