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suicides et antidépresseurs

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david vincent
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MessageSujet: suicides et antidépresseurs   Mer 30 Jan - 1:31

Trouvé sur le Figaro du 24/01/08:

Pendant des années, les effets secondaires psychiatriques des médicaments n'ont pas été suffisamment pris en compte.

L'agence américaine du médicament (FDA) demande aux laboratoiresde renforcer les contrôles sur leurs nouvelles molécules, lors des essais cliniques.

À quelque chose malheur est bon. La FDA (Food and Drug Administration) a décidé de réclamer depuis quelques mois aux industriels qu'ils étudient de près si les sujets (volontaires sains et malades) inclus dans les essais cliniques en cours ont ou non un risque suicidaire.

Tout a démarré après le gros coup dur infligé au géant français Sanofi en juin 2007 : en effet, sa demande d'autorisation de mise sur le marché américain du Rimonabant (acomplia), conçu pour lutter contre l'obésité et le surpoids, mais aussi le diabète gras de la maturité et certaines dyslipidémies, avait été rejetée par l'agence fédérale américaine. Motif : quatre suicides, des troubles de l'humeur, des idées suicidaires et des phobies soudaines avaient effrayé le comité scientifique. «Vu le marché potentiel de ce médicament, vu les incertitudes connues et à venir, nous sommes inquiets de son utilisation dans la population générale», avait conclu le panel d'experts.Or, l'affaire du Rimonabant a déclenché une réaction en chaîne qui retentit aujourd'hui sur l'ensemble de l'industrie pharmaceutique. En effet, après des décennies de mépris quant aux possibles effets secondaires psychiatriques des médicaments lors d'essais cliniques, l'agence fédérale s'est dotée de nouvelles règles.

«C'est le plus gros bouleversement réglementaire en seize ans d'analyse du développement des médicaments», nous expliquait hier un expert de la FDA. L'agence a envoyé des lettres officielles en ce sens à la plupart des industriels, y compris Merck, Sanofi Aventis et Eli Lilly, mais n'a pas communiqué officiellement sur ce thème.

Jean-Marc Podevin (Sanofi Aventis) confirmait hier que la firme «a bien reçu une demande de la FDA d'utiliser l'échelle de Posner, élaborée pour évaluer le risque de suicide, pour tous les essais cliniques en cours» et ce dès le début du dossier d'enregistrement du Rimonabant.

Kelly Posner avait créé l'échelle qui porte son nom pour mesurer, de 1 à 10, les comportements suicidaires (tentatives de suicide, tentatives ratées ou interrompues, achat de médicaments ou d'armes à feu) et les «idées noires» (désir de mourir, de s'endormir à jamais, penser à une stratégie de suicide, rédaction de testament ou de lettre de suicide). À cette époque, c'est sur la prescription d'antidépresseurs chez les adolescents et les enfants que pesaient les soupçons. Les dirigeants de la FDA avaient alors demandé au Dr Posner (département de psychiatrie, Columbia University, New York) de réanalyser a posteriori avec cette échelle nouvelle les données des essais cliniques déjà faits.

Ce travail avait permis de découvrir un risque spécifique de suicide causé ou associé au médicament, et non à la maladie sous-jacente. «Cette échelle est un nouvel outil qui nous a valu plein de surprises et déterré des symptômes à côté desquels les grandes études étaient passées sans les voir», a expliqué le Dr Kelly Posner au Figaro.

Récepteurs endocannabinoïdes

L'utilisation de l'échelle de Posner dans le dossier du Rimonabant a montré que le médicament doublait le risque de «symptômes suicidaires» et la commission des médicaments de la FDA a retoqué le Rimonabant en juin dernier. Mais, début janvier, les résultats d'un essai d'un médicament antiobésité concurrent, le Taranabant de Merck, ont eux aussi montré un surrisque de même nature. Il faut dire que c'est une nouvelle cible cérébrale utilisant des récepteurs dits «endocannabinoïdes» que vise cette classe de molécules, dont on ne sait à peu près rien. Du coup, des médicaments antiépileptiques, de
s troubles de l'humeur, de l'incontinence urinaire, des médicaments de sevrage tabagique sont dans le collimateur de l'agence fédérale. C'est la raison pour laquelle «de manière ciblée et non universelle», précise le Dr Posner, de nombreuses firmes impliquées dans des essais cliniques de médicaments potentiellement à risque ont reçu l'ordre de la FDA d'inclure ces données dans leur dossier.

«C'est clair, nous avons été quelque peu surpris quand ce signal est sorti des données des antidépresseurs pédiatriques. Désormais, plusieurs groupes internes de la FDA cherchent à mettre en évidence de manière plus large cet effet secondaire grave», confie le Dr Thomas Laughren directeur du secteur des médicaments psychiatriques de la FDA. Et en France ? Le Dr Posner considère avoir du mal à convaincre ses homologues de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) de l'intérêt de cet outil moderne. À l'Afssaps, on considère, «au contraire, que c'est une préoccupation nouvelle qui va réclamer une concertation supranationale au niveau de l'agence européenne». Mais, à ce jour, les industriels n'ont pas été sommés de le faire.
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Hydrazine
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MessageSujet: Re: suicides et antidépresseurs   Jeu 17 Juil - 17:39

Le Prozac en hausse chez les ados

Le nombre d’ordonnances de Prozac a triplé en cinq ans chez les adolescents québécois, malgré une mise en garde de Santé Canada qui déconseille cet antidépresseur aux moins de 18 ans.

Tommy Chouinard
La Presse
Québec

Le nombre d’ordonnances de Prozac a triplé en cinq ans chez les adolescents québécois, malgré une mise en garde de Santé Canada qui déconseille cet antidépresseur aux moins de 18 ans.

Santé Canada estime que la fluoxétine, mieux connue sous le nom de Prozac, et d’autres antidépresseurs donneraient des idées suicidaires aux mineurs dépressifs. Le Collège des médecins réplique que le taux de suicide chez les jeunes a chuté pendant que les ordonnances de Prozac ont bondi.

Selon des données publiées par le Conseil du médicament, 13 ordonnances de Prozac ont été prescrites pour chaque tranche de 1000 jeunes de 12 à 17 ans inscrits au régime public d’assurance médicaments en 2006-2007. Cinq ans plus tôt, en 2001-2002, le nombre d’ordonnances était trois fois moins élevé: quatre pour 1000 jeunes.

La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) confirme une augmentation de l’utilisation du Prozac chez un groupe d’âge un peu plus large, les 10-19 ans. Parmi les jeunes de cette tranche d’âge inscrits au régime public, 485 ont reçu un total de 4086 ordonnances de Prozac en 2007. Cinq ans plus tôt, ils n’étaient que 254 à avoir obtenu 1343 ordonnances. Les données publiées par le Conseil du médicament et la RAMQ ne comprennent pas les adolescents inscrits à des régimes d’assurance privés.

Prozac et suicide

Santé Canada n’approuve pas le recours au Prozac pour traiter les mineurs dépressifs, affirme son responsable des communications, Alistair Sinclair. La prescription de ce médicament reste toutefois la responsabilité du médecin.
Santé Canada a lancé une mise en garde en 2004 concernant le Prozac mais aussi d’autres antidépresseurs comme le Paxil et l’Effexor, dont l’utilisation diminue depuis quelques années. «L’emploi de ces médicaments chez les patients âgés de moins de 18 ans pourrait être associé à des modifications comportementales et émotionnelles, y compris un risque plus élevé d’idées et de comportements suicidaires par rapport au placebo», souligne l’organisme fédéral. Deux personnes sur 100 prenant du Prozac ont des idées suicidaires (1 sur 100 dans le cas du placebo).

Or, la Food and Drug Administration, l’équivalent de Santé Canada aux États-Unis, approuve l’utilisation du Prozac chez les 7 à 17 ans. Mais il fait la même mise en garde que son homologue canadien au sujet de ses effets secondaires.

Le Collège des médecins estime que ses membres tiennent compte de l’avertissement de Santé Canada même s’ils prescrivent de plus en plus le Prozac. «C’est le seul médicament reconnu dans le traitement de la dépression chez l’adolescent. Des normes de pratique internationales le confirment. C’est pourquoi les médecins le privilégient», indique son secrétaire, Yves Robert. Selon lui, Santé Canada fait preuve d’une trop grande prudence et cherche surtout à se protéger contre d’éventuelles poursuites.

Yves Robert croit que la hausse du nombre d’ordonnances de Prozac peut même expliquer en partie la baisse du taux de suicide observé au cours des dernières années. Selon l’Institut de la santé publique du Québec, le suicide chez les adolescents a chuté de 43% entre 1997 et 2005.

Mauvais diagnostic

Les spécialistes interrogés par La Presse doutent que les jeunes soient plus dépressifs qu’avant. Alors les médecins prescrivent-ils trop le Prozac? «On n’a pas les outils qu’il faut pour arriver à une telle conclusion», affirme la directrice du Conseil du médicament, Lucie Robitaille. Elle se dit tout de même «préoccupée» par la hausse du nombre d’ordonnances.

Selon le pédopsychiatre François Maranda, chef du service de psychiatrie des adolescents à l’hôpital Sainte-Justine, des médecins prescrivent parfois du Prozac à des jeunes qui n’en ont pas besoin. Ils diagnostiquent une dépression majeure alors que le patient souffre d’un «trouble d’adaptation» causée par une rupture amoureuse par exemple. Dans ce dernier cas, la psychothérapie constitue le traitement approprié. Les antidépresseurs ne sont pas nécessaires. «Le diagnostic de dépression majeure, c’est un peu comme un «garbage can». C’est trop inclusif. Ça explique en partie pourquoi le Prozac est utilisé davantage», a-t-il affirmé.

François Maranda confirme que le Prozac est «le seul antidépresseur efficace dans le traitement de la dépression à l’adolescence» même si Santé Canada ne le reconnaît pas. Néanmoins, des précautions s’imposent. Un médecin devrait attendre une semaine avant de prescrire le Prozac, à moins que le patient souffre clairement d’une grave dépression. «Il devrait garder la médication plus pour les cas où il y a des antécédents familiaux de maladie psychiatrique», a ajouté le Dr Maranda. Lorsque le Prozac est prescrit, le médecin doit revoir le patient une semaine plus tard afin de vérifier s’il manifeste des effets secondaires.

Selon les données de la RAMQ, pour l’ensemble des antidépresseurs, le nombre de jeunes de 10 à 19 ans qui en consomment a diminué au cours des cinq dernières années, passant de 4797 en 2002 à 3904 en 2007, mais les ordonnances ont augmenté, de 27 422 à 30 583.
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