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 LE SENS DES PRINCIPES ET DE LA RESPONSABILITE

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GNIENHOUN
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Date d'inscription: 05/09/2008

MessageSujet: LE SENS DES PRINCIPES ET DE LA RESPONSABILITE   Mar 9 Sep - 17:27

En 2003, alors que les Etats Unis étaient en pleine fougue guerrière contre l’Irak, la Grande Bretagne de Tony BLAIR marquait son adhésion complète à la cause américaine. Le 17 mars 2003, alors que le parlement était à la veille d’autoriser une intervention britannique en Irak, un homme, Robin COOK, alors ministre des relations avec le parlement se démarquait admirablement de cette folle entreprise, en démissionnant du cabinet Blair. Il fit comprendre ceci : « Je ne peux pas accepter une responsabilité collective pour la décision d'envoyer la Grande-Bretagne maintenant dans une action militaire en Irak sans un agrément international ou de l'opinion britannique. »

A la même période, Jacques CHIRAC, président français à l’époque, manifestait sa ferme décision de ne pas emballer la France dans cette guerre, au grand bonheur des pacifistes de ce monde. Il affirma que "Dans ce nouveau monde en gestation (...), la France refuse la fatalité de l'affrontement comme la facilité du laisser-faire", manifestant ainsi sa foi en "un monde réconcilié et rassemblé".

En Afrique du Sud, Nelson MANDELA, après avoir passé 25 ans en prison, accède à la magistrature supreme. A la fin de son premier mandat, il ne demanda pas le renouvellement, preferant ceder la place à la nouvelle generation et refusant par là de pervertir la democratie sud-africaine acquise à un prix de sang.

Il en va de meme au Benin où Mathieu KEREKOU et Nicéphore SOGLO, tirèrent leur reverence avant l’échéance présidentielle de mars 2006, conferant ainsi au jeu democratique de leur pays une certaine noblesse et une certaine hauteur dans la mare malsaine du jeu democratique de la plupart des Etats africains.

Au Liban, en juin 2006 à la suite des sanglantes émeutes qui se sont déroulées à Beyrouth, le ministre de l’Interieur, Hassan SABEH présentait sa démission au Président de la republique et au premier ministre. Tout en expliquant son échec à garantir la securité pendant la manifestation par l’insuffisance des effectifs et d’équipement, il a en outre fait une mise au point très saisissante : Pour empêcher ce qui s’est passé aujourd'hui, j'aurais dû donner l’ordre d’ouvrir le feu sur les manifestants, c’est une mesure que je ne prendrais jamais contre des civils libanais ». En voilà qui ne souffre pas d’équivoque.

Un autre exemple. Au Canada, en avril 2004, Marc BELLEMARE, alors Ministre de la justice et député de Vanier démissionnait. Il justifia sa demission en ces termes : « Les reformes ne se font pas au rythme et de la façon aussi extensive que je souhaiterais. Je comprends qu’il y a des raisons d’Etat, des raisons administratives, des raisons politiques aussi, qui ont de l’importance. Il faut etre capable de naviguer dans l’ensemble de ces considérations, ce que j’ai énormement de la difficulté à faire (…) Je ne suis pas un homme qui accepte facilement qu’on reporte les échéances, qu’on diminue ou modifie la nature des reformes qu’on s’est engagé à faire. Je suis plutôt un homme de ligne droite » et de conclure : « Pour moi, le monde de la politique est un monde qui ne me convient pas. »

Enfin, au Burkina Faso, en décembre 1998 alors que les prédateurs de la presse venaient de consumer quatre innocents corps dont celui du celèbre journaliste Norbert ZONGO dans la géhenne de leurs desseins, un homme, Ahmed Newton BARRY, alors journaliste à l’infini talent de reporteur et de présentateur à la Television Nationale du Burkina, chaine de television gouvernementale, déposait sa démission de cet organe de presse gouvernementale.

Ces différents hommes dont mention vient d’etre fait sont certainement de lieux, de situations et de réalités bien differentes mais partagent un fort point commun : le sens des principes et de la responsabilité.

Ces hommes se sont trouvés dans des situations dans lesquelles les valeurs qui leur sont le plus intimes étaient plus que jamais en jeu ; quelque chose de si precieux, de si grand et peut etre de si noble en eux et à laquelle ils attachaient certainement une capitale considération était en passe d’etre violée. Et ces hommes ont preferé etre conformes à leurs principes ; ils ont preferé faire valoir leur sens de la responsabilité. Ils se sont conportés en hommes de principe, en responsable, assumant les conséquences de leurs actes, leur negligences, leurs incompetences, leur illegimité, plutôt que d’accepter une reduction de leurs valeurs et principes ou de se laisser aller à un entetement stupide et peu honorable, en s’accrochant indignement sans doute, mais certainement resolument.

Il y a à parier que si chacun d’entre nous faisait preuve d’un si grand sens de la consequence dans la sphère de responsabilité qui est la sienne, le monde, notre monde s’en porterait mieux. Et il y a à parier aussi que le desordre troublant dans lequel se trouve notre monde d’aujourd’hui provient certainement de ce que nous ne sommes pas enclins à etre des hommes de principe et de responsabilité. Nous tordons souvent le cou à certaines de nos valeurs fondamentales bafouant ainsi notre sens des principes au profit d’interets strictement personnels immediats tels que l’honneur, le privilège, l’argent et renvoyant ainsi l’interet general ou le bien collectif, ou l’interet des generations futures dans l’univers etheré des concepts creux, imprecis et utopiques.

Nous refusons bien souvent d’assumer nos responsabilités et d’appliquer nos principes dans des situations dans lesquelles nos limites, nos erreurs, nos negligences, notre impopularité sont notoirement établies, preferant nous enteter en portant la responsabilité sur les autres. De veritables forçeurs quoi !

Imaginons-nous un Georges BUSH qui démissionne au lendemain du 11 septembre ? Mais non, en tant que super président de la super puissance mondiale, il n’a pas reussi à déjouer la ruse des fous de Dieu et à prevenir le drame de ses concitoyens ne constitue pas tant sa faute ou sa responsabilité. La faute, la responsabilité ce sont ces fous de Dieu, ces illuminés des temps modernes situés à des années lumières de notre belle civilisation et de nos rayonnantes valeurs.

Imaginons-nous Robert MUGABE tirer toutes les conséquences politiques de l’autodafé à lui infligé par le peuple du Zimbabwé lors du premier tour de la recente election presidentielle en acceptant le verdict des urnes ? Mais non, lui est un président cherit par la population ; il est l’homme du peuple, l’alpha et l’omega du Zimbabwé. Les fauteurs de trouble, ce sont certainement les Morgan TSVANGIRAI et autres, petits destabilisateurs prétentieux, manipulés par les Etats unis et autres.

Peut etre que sommes nous loin de comprendre notre ridicule ? de comprendre que nous ne sommes pas ou plus légitimes, aimés, populaires quand bien meme notre conscience s’evertue à nous marteler ceci : « Tu sais, tu ne merites pas d’etre où tu es. Tu es entrain de forcer mais entre nous, tu sais ce que tu vaux : rien et ridicule. »

En conclusion, je voudrais terminer par cette reflexion : apprenons à etre des hommes et des femmes de principe et de responsabilité à quelque niveau que ce soit. Parce que seuls des femmes et des hommes d’une telle envergure, sachant tirer toutes les conséquences de leurs actes mais aussi sachant refuser toutes reductions compromettantes à des valeurs et principes cardinaux seront à meme de relever nos nombreux defis contemporains et aussi de demain.
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