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| | Usager versus utilisateur de services... | |
| | | Auteur | Message |
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Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Usager versus utilisateur de services... Ven 9 Mai - 3:18 | |
| Usager versus utilisateur de services...
Loin de moi l’idée de refaire le monde c'est trop pénible, néanmoins vous remarquerez qu’en lieu et place des termes usager et usagère j’utilise systématiquement l’expression "utilisateur de service en santé mentale" même si c’est plus long à écrire ou a prononcer et je vous explique pourquoi !
Le terme usager est fréquemment employé dans le secteur de la santé et des services sociaux, ce terme est homologuer par l’office de la langue française du Québec, pour remplacer le mot client ceci afin de souligner la primauté de la valeur d'usage sur la valeur d'échange, quoiqu'il en soit le choix de ce terme n'est guère plus avantageux dans le sens où il est porteur d'une ambiguïté qui ne peut être éludée...
Étymologiquement le terme usager dérive du mot usage qui signifie entre autres et prioritairement : (pratique généralement reçue, coutume) (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 6385). En français courant usager est la contrepartie du mot anglophone user comme dans l’expression "drug user" qui se traduit littéralement par toxicomane.
Lorsque je vois mes compagnons se qualifier eux même "d’usagers en santé mentale" alors qu’ils n'ont recours à de tels services que sporadiquement, je me dit que ceux-ci ne maîtrisent pas tout à fait la sémantique du mot usager ou pire encore, ils sont victimes d’une espèce de novlangue telle que décrite par le romancier George Orwell dans son best-seller "1984" (L’idée fondamentale du novlangue étant de supprimer toutes les nuances d’une langue afin de ne conserver que des dichotomies qui renforcent l’influence de l’État)
Je préconise l’expression "utilisateurs de services" qui est politiquement correcte parce que celle-ci n’emporte pas le sens de coutume ou d'habitude, néanmoins je reconnais qu’un utilisateur de service qui habite une ressource d'hébergement en santé mentale sur une base continue est définitivement un usager de cette ressource de là la formulation juste: "comités d'usagers de la maison St George" par exemple, c'est d'aussi bon français que "comité d'usager du Bistro chez Dédé" les usagers en question étant comme on le dit en québécois à défaut d'utiliser le mot exact: les habitués de la place.
Je me fracture le fémur et je suis hospitalisé une ou deux semaines, est-ce que je deviens pour autant un usager ? Je connais des gens qui ont subis de la dialyse en centre hospitalier une ou deux fois par semaine pendant un bon bout de temps sans pour autant se qualifier d'usager. Il n’y a qu’en santé mentale et dans les transports en commun qu’on s'approprie volontier le terme usager ou usagère.
Dans le souci d'être politiquement correct, on se fait un devoir de départager le fumeur occasionnel du fumeur qui lui est chronique, mais en santé mentale on est pas encore rendu là, dans une optique de rétablissement, faudra nécessairement y penser un jour... _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum |
|  | | Frank Modérateur


Age : 98 Inscrit le : 24 Nov 2005 Messages : 75 Organisme : L'A-DROIT
| Sujet: Re: Usager versus utilisateur de services... Ven 9 Mai - 16:36 | |
| Je suis d'accord avec hydrazine, je préfère l'expression utilisateur de services. Je ne crois pas que ce soit uniquement de l'obsession du bon ou du "politically correct" a outrance. Les mots ont une signification et une portée qui est importante, nous devons la véhiculer. À ce titre, un exemple que nous rencontrons ces années ci est la reprise du concept d'appropriation du pouvoir par certains organisations pour le travestir en pouvoir d'agir. La définition du pouvoir d'agir, bien que je ne l'ait pas sous la main, est beaucoup plus limitative est est même, à mon avis, réductrice. Voici un motif justifiant l'importance d'utiliser les bons mots. |
|  | | Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Re: Usager versus utilisateur de services... Ven 9 Mai - 18:49 | |
| Merci Frank pour aussi souligner cette expression "Pouvoir d'agir", c'est un autre bel exemple de novlanque pour laquelle je propose ma petite analyse.
La liberté est la faculté d'agir selon sa volonté sans être entravé par le pouvoir d'autrui.
Remarquez dans cette définition, faculté d'agir et pouvoir d'agir sont interchangeable et par conséquent synonymes, faculté, capacité et pouvoir sont synonymes.
La liberté se définie comme suit :
Négativement : absence de soumission, de servitude, de contrainte exercée par autrui. L'être humain est indépendant.
Positivement : autonomie et spontanéité du sujet rationnel; les comportements humains volontaires se fondent sur la liberté et sont qualifiés de libres.
Si j'examine mon existence sur la base de mes "pouvoirs d'agir" ça peut sûrement me permettre d'évaluer ma condition sociale et économique, si en plus ça me permet aussi de me situer en matière de droits et libertés je n'ai absolument rien contre c'est fameux, mais finalement je n'en tirerai rien de plus que ce que je sais déjà à propos de la longueur de ma chaîne : elle est un peu plus longue que celle d'un itinérant mais beaucoup moins longue que celle de Paul Desmarais.
Lorsqu'en milieu associatif, au lieu de promouvoir des notions porteuses comme les libertés individuelles ou les droits fondamentaux, on perd son temps avec une coquille vide comme le pouvoir d'agir c'est définitivement la "dèche", c'est ajouter l'insulte à l'injure. La notion de pouvoir d'agir n'est ni l'apanage ni l'intérêt de ceux qui se sentent concernés par les valeurs contenues dans la Charte internationale des droits de l'homme, le pouvoir d'agir c'est une utopie qui ne prend un sens que dans un milieu de pouvoir, l'humain normal n'est pas particulièrement interpellé par le pouvoir, c'est un être de sens, relativement paisible et grégaire qui s'accommode de ses congénères dans une relation d'égal à égal, néanmoins lorsque requis les humains se battent volontiers pour des droits, de la justice, de la dignité et de la liberté, mais rarement pour du pouvoir, ceux qui le font sont une minorité et sont généralement doté d'une configuration cervicale spéciale qui leur permet d'apprécier l'ambiance d'un panier de crabes. Alors je ne crois pas que ce concept soit très vendeur chez les humains normaux.
Les Indiens d'Amérique ont été décimés et le reste confinés dans des réserves, des milliers d'enfants se présentent chaque jour à l'école le ventre vide, des mères de familles mono parentale élèvent des enfants sur des salaires de famine, dans les rues il y de plus en plus de mineurs itinérants, chez ces gens il n'y a pas de pouvoir d'agir, il n'y a que la survie quotidienne face au pouvoir monolithique et implacable du système qui leur passe dessus comme un rouleau compresseur. Si on s'efforçait d'abord de trouver un sens à cette misère on serait pas mal plus avancé, peut-être assez pour se serrer les coudes et faire une brèche dans les pouvoirs illicites.
Tout ce beau monde peuvent bien se glousser avec de la terminologie douteuses dans leurs basses cours associatives, mais lorsqu'ils ne recevrons plus de chèques, ils vont se fermer le clapet et chercher eux aussi un sens à leurs misères en vivant par procuration les pouvoirs d'agir des gens riches et célèbre qui évoluent sur leurs petits écrans. _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum
Dernière édition par Hydrazine le Dim 11 Mai - 3:05, édité 12 fois |
|  | | Michel Labelle Modérateur


Inscrit le : 23 Sep 2007 Messages : 19 Organisme : En-Droit de Laval
| Sujet: Re: Usager versus utilisateur de services... Sam 10 Mai - 13:39 | |
| Voilà un beau débat de sémantique! Il est vrai que le choix des mots, étant porteur idéologiquement, est important et qu'il est nécessaire d'en faire le débat, même si parfois nous nous trouvons dans la situation de celui qui veut «couper les cheveux en quatre». En ce qui a trait au terme «usager», je pense du côté de mes interlocuteurs précédents. En effet, ce terme, à part l'utilisation qu'en fait les sociétés de transports, désigne quelque chose de «vieux» en opposition à «neuf». Ce qui, avouons-le, n'est pas particulièrement sexy... Enfin, sur le débat du «pouvoir d'agir» vs «liberté d'agir», je pense qu'il ne faut pas confondre les deux expressions. L'une désigne une faculté, une «capacité d'agir», i.e. le pouvoir; tandis que l'autre, à mon sens, fait plutôt référence à un «choix», à la liberté de «choisir d'agir». Dans le débat qui nous préoccupe, c'est-à-dire la «perte de pouvoir» sur notre propre vie en tant qu'utilisateur des services de santé mentale, et des stigmates associées au diagnostic, il serait plus plus judicieux d'utiliser l'expression «appropriation ou réappropriation de pouvoir». Parce que même si nous le désirons ou faisons librement le choix de nous réapproprier notre pouvoir, nous n'en avons pas nécessairement le «pouvoir» ou la «capacité», considérant les contraintes sociaux-politiques. D'où la nécessité de parler de «pouvoir» en opposition à «liberté». L'origine de ce concept de réappropriation du pouvoir nous vient des Américains avec leur expression «empowerment». D'où, peut-être, la difficulté à trouver une expression qui traduirait la même idée en français. _________________ Cordialement vôtre, Michel Labelle. |
|  | | Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Re: Usager versus utilisateur de services... Dim 11 Mai - 0:06 | |
| | Michel a écrit: | | Parce que même si nous le désirons ou faisons librement le choix de nous réapproprier notre pouvoir, nous n'en avons pas nécessairement le «pouvoir» ou la «capacité», considérant les contraintes sociaux-politiques. D'où la nécessité de parler de «pouvoir» en opposition à «liberté». |
Je comprend ce que tu veux dire je ne le conteste pas. Ma mesure de pouvoir je ne la cherche pas particulièrement, en fait elle me tombe dessus même si je n'en veux pas et je suis toujours récalcitrant à l'exercer parce que je déteste le pouvoir, je suis partisan de l'anarchie des sages et comme le Petit Prince je me suis trompé de planète. Ceci étant dit, le seul pouvoir que j'espère, c'est celui de comprendre le sens de mon parcours pendant que j'y suis.
De toutes façons, la game qui se joue actuellement n'en est pas une de pouvoir mais une de sens. Si le monde avait du sens, crois-tu que 25% de la population serait en détresse psychologique, Si certains sont en détresse parce qu'ils ne rejoignent pas les fins de mois alors qu'on a flambé plus de 500 milliards de dollars en Irak est-ce que c'est un problème d'argent ou de sens. À tu idée du nombre de problèmes sociaux qu'on peut résoudre avec 1/2 trillion de dollars ?
Moi ce qui me permet d'être en contrôle c'est de trouver du sens dans toute cette merde, le pouvoir c'est une dividende de la conscience pas l'inverse, pas pour rien qu'un "pouvoir politique" cherche à tenir son peuple dans l'ignorance, la connaissance c'est le pouvoir.
Ces histoires de pouvoirs ça me laisse perplexe, faudrait au moins savoir de quel pouvoir on parle, celui de changer le monde ou celui de se faire cuire un oeuf, moi je suis nul dans l'un comme dans l'autre...
De toutes façons, je suis les pronostiques d'un groupe d'anticipation depuis plus de deux ans et tout les éléments du scénario tombent pile jusqu'à maintenant, si ça se poursuit comme anticipé des gens en perte de pouvoir sur leurs vies, il va y en avoir plus qu'il n'est possible d'en gérer et ce n'est vraiment pas loin, les discours sur l'appropriation du pouvoir ou le pouvoir d'agir ça ne tiendra pas la route car il n'y aura plus de prise pour exercer ces pouvoirs, pour passer à travers les gens vont avoir besoin de trouver un sens à ces événements. _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum |
|  | | Michel Labelle Modérateur


Inscrit le : 23 Sep 2007 Messages : 19 Organisme : En-Droit de Laval
| Sujet: Re: Usager versus utilisateur de services... Dim 11 Mai - 16:05 | |
| Je partages avec toi ton point de vue selon lequel l'enjeu est celui de trouver un sens, finalement, à la vie. En effet, le pouvoir que l'on tente de s'approprier sera toujours tributaire de celui qui appartient à ceux qui détiennent les vrais pouvoirs de décisions. Et ceux-là, bien souvent, contrôlent les pouvoirs économiques et politiques. Le plus grande puissance en ce moment n'est-elle pas les États-Unis? qui représentent justement les plus grands pouvoirs économique et politique, cela allant de pair. Bien entendu, que pour se réapproprier notre pouvoir, nous devons nous battre contre ces «powers». Et que la partie, donc, n'est pas gagné d'avance. Et qu'en attendant le «Grand Soir», nous devons agir quand même, ne serait-ce que par instinct de survie. Car, comme tu le sais, il est de «juris nature», droit naturel, pour les êtres humains, d'évoluer en fonction de ses désirs et ses besoins. Ils ont de droit naturel de pouvoir s'accomplir tel qu'ils l'entendent. On ne peut leur enlever ce pouvoir puisqu'il est inhérent à l'être humain, étant un droit naturel. Or, c'est justement ce pouvoir que la psychiatrie nous enlève et que nous tentons de nous réapproprier. Bien entendu, que c'est très peu par rapport au «Super Power» mais c'est, à mon sens, essentiel à notre survie. Enfin, pour ce qui est du sens à donner à la vie et celui du sens à donner à la Justice, je m'interroge également! Ta réflexion à ce propos est très pertinente. Mais chose certaine, si on cesse de se battre, nous abdiquons, à ce moment-là, à notre pouvoir. Et cela n'est pas nécessairement de bonne augure! _________________ Cordialement vôtre, Michel Labelle. |
|  | | Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Re: Usager versus utilisateur de services... Dim 11 Mai - 22:51 | |
| Merci Michel de partager tes réflexions.
| Michel a écrit: | Car, comme tu le sais, il est de «juris nature», droit naturel, pour les êtres humains, d'évoluer en fonction de ses désirs et ses besoins. Ils ont de droit naturel de pouvoir s'accomplir tel qu'ils l'entendent. On ne peut leur enlever ce pouvoir puisqu'il est inhérent à l'être humain, étant un droit naturel.
Or, c'est justement ce pouvoir que la psychiatrie nous enlève et que nous tentons de nous réapproprier. |
Je conviens tout à fait que la question du pouvoir est critique en psychiatrie. Une personne gelée outrancièrement aux neuroleptiques est nécessairement privée de sa liberté et de son droit naturels puisque la psychose est justement une liberté que celle-ci se donne afin de trouver un sens et une issue à une situation de crise existentielle inacceptable.
(La dépression n'est pas meilleure comme condition car l'issue ne s'offre pas, c'est plutôt l'étiolement progressif et inéluctable de la personne qui se propose. Je crois qu'il y a de meilleures chances de sortir de psychose que de dépression, en raison de l'effet catharsisant de la psychose qui est sans doute une réaction saine et positive d'un organisme qui cherche survivre à une situation de crise existentielle majeure.)
Je m'intéresse prioritairement à la question du sens sans toutefois nier l'importance de se prendre en charge à tout les niveaux, à moins que je ne m'abuse et sans vouloir en limiter la porté, c'est là le sens de l'expression "appropriation du pouvoir"...
Les intervenants qui ont une attitudes constructive en santé mentale comprennent que la psychose est un droit et une liberté en l'occurrence celle de donner un sens à ce qui en a plus. C'est justement parce qu'ils font l'effort d'interpeller la personne là où elle se trouve en respectant ses choix et ses dignité qu'ils ont du succès.
En passant, 500 milliards de dollars, c'est ce qui a été officiellement flambé en Irak, c'est facilement un multiple de ce nombre lorsqu'on ajoute les frais connexes comme les soins de santé et la perte de production des vétérans, la reconstruction du pays etc. Le plus petit estimé dont j'ai entendu parlé serait de 1200 milliards.
Dans un pays comme le nôtre 500 milliards ça représente 5 millions de logements sociaux à 100,000 $ l'unité payés "cash", si le 500 milliards était plutôt déposé en mise se fond sur un projet de construction de logement sociaux à raison de 10% du capital comme c'est l'habitude, nous pourrions construire 50 millions de logement sociaux, plus qu'il n'en faut pour héberger individuellement chacun des Canadien puisque la population canadienne est évaluée à 33 millions, il en resterait encore 17 millions de logement sociaux pour de futurs émigrants, quoique 17 millions d'unités serais suffisant pour héberger toutes les familles canadiennes d'au moins deux personnes.
Au prix des pays en voie de développement nous pouvons probablement multiplier le nombre d'unités par 10 ce qui veut dire 1/2 milliards de logements sociaux ou un logement social pour chaque personne individuelle sur 13 à l'échelle planétaire, ce qui suffit largement pour fournir un logement social à chaque famille dans le besoin sur la planète. Je le répète, 500 milliards en Irak c'est le nombre officiel, pour le vrai chiffre faut multiplier au moins par 2, probablement davantage et l'aventure est loin d'être terminée, car les iraniens sont aussi dans la mire pour une "guerre préventive".
Ceci étant dit, il y a ici de quoi légitimer une psychose chez une personne qui à de la conscience globale, si j'en faisais une, faudrait d'abord qu'on m'explique le sens de cette merde pour me fournir les poignés pour en sortir, car essentiellement c'est justement parce que je réalise que je n'ai aucun pouvoir que j'en viens a me fabriquer un Disney land virtuel.
David Suzuki l'écologiste internationalement connu, a vu plusieurs de ses collaborateurs s'enlever la vie dans ce genre de crises existentielle, aussi je me demande de quel pouvoir on parle, celui de passer outre et faire sa petite affaire, comme tu peux le contater ça ne fonctionne pas avec tout le monde ?
Pouvoir oui ! mais de quel pouvoir on parle ? Ça ne peut jamais allez plus loin que celui qu'on peut avoir sur sa vie et encore...
Il y eu une croissance exponentielle des problématiques de santé mentale depuis les années soixante, c'est quoi le sens de ce phénomène ? Le savoir c'est aussi du pouvoir... _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum
Dernière édition par Hydrazine le Jeu 15 Mai - 7:53, édité 1 fois |
|  | | Michel Labelle Modérateur


Inscrit le : 23 Sep 2007 Messages : 19 Organisme : En-Droit de Laval
| Sujet: Re: Usager versus utilisateur de services... Mar 13 Mai - 12:20 | |
| En effet, Guy, les "lucides", pas ceux de Bouchard et Pratte, mais ceux qui s'interrogent sérieusement sur le sens à donner à la vie face aux injustices qui gouvernent le monde, sont souvent ceux qui remettent en question l'ordre établi. Et, curieux hasard, ils sont les premières victimes de la répression. Ces gens-là dérangent et c'est pourquoi la société cherchent à les faire taire en les excluant et en les discréditant. Voilà donc la justification de la pratique psychiatrique! En effet, par ailleurs, il serait intéressant pour la classe populaire, afin de se réapproprier leur pouvoir, de réaliser une Révolution, notamment. Ceci afin de redonner un sens à leur existence, trop souvent laissé pour compte dans ce système ou le plus fort l'emporte, c'est-à-dire le plus riche. On sait tous, par exemple, que notre société de droit fonde sa légitimité sur les tribunaux. Or, quoi de plus difficile, pour celui qui n'a pas les moyens de faire respecter ses droits devant les tribunaux. La justice a donc un prix! Tout comme les conditions essentielles minimales de survie qu'est le logement, le travail, la santé, les vêtements etc. Or, justement, ce système, quant à moi, est expressément organisé de cette façon pour motiver la surpassement de soi, la compétition, la productivité etc. Cultivant ainsi l'envi, celle de voir son voisin posséder des biens qu'il n'a pas, ce système, du moins tel que le souhaite l'idéologie du libéralisme économique, trouve son moteur dans la légitimation de la jalousie, de l'envi, de la convoitise, de l'appât du gain; ceci afin de susciter chez les gens le désir et la volonté de travailler et d'accepter l'ordre établi. Nous, qui nous posons des questions, donc, dérangeons. Ne composant qu'une minorité, il leur suffit de nous faire taire. Mais, bientôt, j'espère, nous serons des millers, voire des millions, et, je le souhaite, nous, du peuple, renverserons l'ordre établi pour instaurer un Justice universelle! _________________ Cordialement vôtre, Michel Labelle. |
|  | | Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Re: Usager versus utilisateur de services... Mer 14 Mai - 9:54 | |
| Concernant le terme usager et usagère il est possible de s'en expliquer l'ambiguïté en se référant à l'étymologie et la sémantique mais pour des expression comme "appropriation du pouvoir" et "pouvoir d'agir" c'est plus difficile d'en situer la problématique car ces expressions ne portent d'ambiguïtés que l'interprétation.
Pour m'expliquer, je propose une citation tirée d'un document de travail de l'agence régionale sur le projet de réorganisation des services résidentiels en santé mentale en Estrie.
| Citation: | La réorganisation proposée en est une d'envergure. Elle implique des changements majeurs à différents niveaux:
Celui des personnes elles même, à qui elle va demander une implication active, parfois difficile, vers leur propre rétablissement.
Les personnes utilisatrices ont des droits, mais aussi des responsabilités, notamment celles de s'impliquer dans leurs démarches de réadaptation et de réinsertion sociale. |
Je fais remarquer que mais induit obligatoirement un compromis ou le conditionnel.
Pour faire simple, le projet est de couper la moitié des place d'hébergement en milieu familial à Sherbrooke et retourner ces gens à leurs "pouvoirs d'agir" comme ça s'est fait pendant la désinstitutionalisation...
Nous envisageons en Estrie de remplacer ces places par du "soutient d'intensité variable" dans la communauté, entre autre dans des logements sociaux, le problème c'est que la liste d'attente pour un logement social à Sherbrooke est au moins 7 ans et bien plus. Rien n'est prévu dans le projet pour changer ça et le logement social n'est pas du ressort de l'agence. Quant à l'histoire elle nous rappelle qu'en matière de "soutient d'intensité variable" dans la communauté, "La désinstitutionalisation" à été un flop, l'argent n'a pas suivis.
Bref, le "pouvoir d'agir" et "l'appropriation du pouvoir" ça peut aussi se présenter comme une justification pour jeter des gens à la rue...
Retourner les gens à leurs "pouvoirs d'agir" ça sonne bien et noble mais malheureusement dans la tête d'un fonctionnaire ça sonne aussi comme un ouverture pour se désengager.
Quand je suis retourné à mon "pouvoir d'agir" j'ai tendance à entendre organise toi avec tes troubles, mais j'imagine que si je l'entend comme ça c'est que je suis un peu "parano" peut-être même de mauvaise foi.
Entre retourner quelqu'un à son "pouvoir d'agir" parce que c'est la bonne chose à faire et se dégager de ses responsabilés sociales sur le principe que chacun est responsable de lui même il y a un univers qui va de l'individualisme au collectivisme. _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum |
|  | | | Usager versus utilisateur de services... | |
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