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| | Émission Enjeux «Les délires meurtriers» | |
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Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Lun 16 Oct - 21:39 | |
| Émission Enjeux «Les délires meurtriers»
Le mercredi 18 octobre 2006 à 21h00, l’émission Enjeux présente «Les délires meurtriers»
Voyez ce que pense la Société Québécoise de la schizophrénie concernant l'association "schizophrénie / violence" en cliquant le lien suivant en bleu.
Violence et schizophrénie
Plusieurs questions se posent suite à la diffusion d'une telle émission, particulièrement pour tout ceux et celles qui travaillent d'arrache pied pour réduire les mythes et les préjugés reliés aux problématiques de santé mentale.
Quelles sont vos questions et vos préoccupations se rapportant à la diffusion de cette émission ?
Faites nous part de vos réactions... _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum
Dernière édition par le Jeu 2 Nov - 13:15, édité 1 fois |
|  | | Frank Modérateur


Age : 98 Inscrit le : 24 Nov 2005 Messages : 75 Organisme : L'A-DROIT
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Mar 17 Oct - 9:42 | |
| J'ai vu l'annonce de l'émission sur le site de Radio-Canada. J'ai trouvé ca inacceptable comme thématique et cela semble être un reportage très "bas de gamme" pour enjeux qui nous a habitué à mieux... j'ai bien hâte de voir l'émission même si on sera surement tous très fachés au bureau.
François
Dernière édition par le Ven 3 Nov - 11:51, édité 1 fois |
|  | | petit_papillion Impliqué


Age : 23 Inscrit le : 09 Juin 2006 Messages : 8 Organisme : Pro-Def Estrie
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Mar 17 Oct - 12:39 | |
| | Je crois que tous seront très offusqués en regardant ce reportage demain soir...mais on ne peut que se dire que ce reportage est le reflet de ce que tout le monde dit tout bas et que nous avons encore notre place dans la société pour détruire ces mythes. C'est la preuve qu'il faut encore se battre...même si certain voudrait nous faire disparaitre ! |
|  | | PUNKER Impliqué


Age : 36 Inscrit le : 03 Juin 2006 Messages : 11 Organisme : S.R.A.A.D.D. / C.Q.M.
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Jeu 19 Oct - 0:22 | |
| J'ai écouté l'émission Enjeux ce soir sur le thème de la dangerosité de certaines personnes vivant un problème de santé mentale. Je l'ai trouvé très intéressante. J'ai été saisi par sa présentation de faits existants, des faits qui ne peuvent être niés.
Je suis militant depuis une dizaine d'années pour la défense des droits des personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale. J'ai vécu un problème de santé mentale à la base, qui m'a amené à connaître la défense des droits pour ces personnes et si j'y suis impliqué depuis tout ce temps et encore maintenant, c'est que la santé mentale demeure un tabou persistant et important dans notre société, un tabou qui m'a fait bien mal à une certaine époque.
Je n'ai pas été choqué par l'émission, mais préoccupé par son caractère dramatique. Je trouve que le sujet a été bien traité et il n'est pas permis, à mon avis, de ne pas ressentir et comprendre la peine des personnes ayant vécu un drame dans leur entourage, un drame causé par le délire d'une personne vivant un problème de santé mentale.
J'ai toujours défendu la thèse du cas par cas pour tout. Comme une gestion cas par cas est coûteuse et complexe, des lois ont été établis pour faciliter, simplifier et rendre moins coûteux les différents processus. Malheureusement, ces lois sont trop souvent généralisantes et ne tiennent pas compte des différences parfois très prononcées entre les individus.
Quand on perd un membre de sa famille parce qu'une personne vivant un problème de santé mentale, aux prises d'un délire psychotique, décide de s'attaquer physiquement à un autre individu, je peux comprendre qu'on puisse être choqué qu'un système ne puisse mieux prévenir ce qui se dessine parfois à l'avance. J'ai vécu un problème de santé mentale et certes, j'ai déjà été dangereux pour moi-même; je ne crois pas avoir été dangereux pour la vie de d'autres personnes que moi-même mais j'aimerais avoir la lucidité, si cela m'était déjà arrivé, de bien comprendre la portée de mon geste et toutes ses conséquences.
Un fossé existe entre les personnes dangereuses pour elles-mêmes et pour autrui et celles qui ne le sont pas. Dans aucun cas, nous ne pouvons généraliser et n'avoir qu'une lecture, indépendante d'un critère aussi pertinent que celui de la dangerosité. Ma vie ne serait pas la même, ma réalité ne serait pas la même si j'avais, dans la "folie" que j'ai vécu, tué quelqu'un. Même au sommet de mon délire psychotique, Dieu merci, je n'ai jamais commis l'irréparable. Ma vie ne serait pas la même si c'était arrivé, mon estime de moi-même ne serait pas le même non plus. Je me sentirais sûrement encore coupable d'avoir tué quelqu'un, même si ce geste aurait été posé dans moment de non-lucidité.
Je juge que notre association provinciale se doit d'approfondir cette question. Ma position dérangera peut-être, et tant mieux si c'est le cas. Pensez-y, si quelqu'un de votre entourage perdait la vie de par l'action d'une personne en crise, votre sensibilisation à la question serait plus approfondie. Et si c'était vous qui étiez tué par une personne en crise, qu'on aurait pas jugée suffisamment dangereuse pour l'empêcher d'agir ?
Le problème majeur est de savoir qui est dangereux et qui ne l'est pas. Et la solution n'est pas uniquement chimique et médicamenteuse, et encore moins la même pour tout le monde. Faire la part des choses est une partie de la réponse. Rien ne peut être complètement blanc, ni complètement noir. Tout est question de nuances, de zones grises.
C'est une question controversée, j'en conviens. Mais de nous mettre la tête dans le sable n'arrangera rien. Et je ne crois pas que nous pouvons nous permettre d'attendre un drame avant d'intervenir auprès d'une personne qui annonce à l'avance qu'elle va tuer quelqu'un... sans compter toutes celles qui ne l'annonceront pas.
Je ne crois surtout pas que nous pouvons ignorer des faits aussi troublants, et je ne crois pas qu'il est nécessaire de généraliser non plus.
Je crois que nous devons départager les situations d'un extrême à l'autre et nous questionner plus en profondeur sur ce sujet.
Je suis questionné par toute cette violence que je vois aux infos, cette violence que nous sommes parfois témoins nous-mêmes. Cette violence me trouble parce que, forcément, lorsqu'elle est commise, une dimension de l'être humain a été oubliée, parfois par perte de contact avec la réalité et le droit à l'intégrité des personnes et son droit à la vie. N'oublions pas le caractère dangereux qu'un être humain peut représenter, mais n'oublions surtout pas le caractère dérangeant que d'autres manifestent, et tâchons de mieux départager.
J'ai essayé, par ce court texte, d'exprimer simplement ma position. Je vous invite maintenant à ce qu'on y réfléchisse ensemble.
Et longue vie à la défense des droits des personnes qui, comme moi, ont vu leur santé mentale défaillir à un certain moment de leur vie passée ou présente, et pour toutes celles qui le verront dans leur futur ! |
|  | | Frank Modérateur


Age : 98 Inscrit le : 24 Nov 2005 Messages : 75 Organisme : L'A-DROIT
| Sujet: le reportage Jeu 19 Oct - 0:27 | |
| Bonsoir (ou bonne nuit)
Pour ce qui est du reportage, je dois avouer bien candidement que je suis encore à ma première analyse, qui me dit que ce reportage semblait très partial. La seule personne qui défendait les droits des personnes était... André Delorme, directeur de la santé mentale au MSSS, qui, soi dit en passant, a bien parlé.
On va surement écrire à ENJEUX et peut-ètre même au conseil de presse... Il y avait beaucoup de demi-vérités dasn ce reportage, même si à certaines occasions, le ton étiat timoré. ENJEUX a vraiment perdu des plumes. JE ne crois pas que le sujet de ce soir était à la hauteur de ce qu'on a connu dasn le passé...
J'ai hâte de vous lire la dessus!!!
François
Dernière édition par le Ven 3 Nov - 11:51, édité 1 fois |
|  | | Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Lun 23 Oct - 23:07 | |
| Bonjour à tous
D'après certains feedbacks que j'ai actuellement de membres du conseil d'administration de Pro-Def Estrie je crois qu'il y a une volonté de nous rencontrer pour définir les modalités de notre réaction concernant cette diffusion. Vous invitez à faire de même n'a rien d'un ordre, il s'agit plutôt d'une suggestion, un proccessus de ce genre pernettrait d'élaborer un consensus et réagir en tant qu'association à cet évennement.
Ceci étant dit, en tant que responsable du Forum de l'AGIDD-SMQ, j'aimerais vous inviter dans vos commentaires subséquents dans le cadre de ce fil de dicussions, à vous rapporter d'abord et avant tout la responsabilité première que nous exerçons auprès des personnes utilisatrices de services en santé mentale particulièrement en ce qui concerne le préjuger favorable, ceci nous incitant comme il est de mise à prendre fait et cause pour ceux qui sont l'objet des préjugés véhiculés par cette emission particulière.
Hydrazine _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum
Dernière édition par le Mer 25 Oct - 9:59, édité 1 fois |
|  | | Frank Modérateur


Age : 98 Inscrit le : 24 Nov 2005 Messages : 75 Organisme : L'A-DROIT
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Mar 24 Oct - 9:54 | |
| Deuxième analyse...
Après avoir décanté de ce reportage un peu, je peux maintenant faire une deuxième analyse...
J'aimerais apporter un éclairage différent car, Punker nous a parlé de l'aspect humain du reportage, je désire traiter de l'aspect "dangereux" du reportage.
Je persiste à croire que, même si dans le reportage on a pris soin de préciser à deux reprises qu'il s'agit d'une minorité de personnes qui peuvent commettre des actes de nature homicidaire, le ton du reste du reportage indiquait tout le contraire. Ce qui me dérange particulièrement, en tant que personne qui oeuvre pour le respect des droits des personnes vivant et ayant vécu avec un problème de santé mentale, c'est que l'on vienne questionner une Loi qui, soit dit en passant, est mal appliquée, dans une perspective de la renforcer, sous prétexte qu'une infime minorité de personnes commettent des "délires meurtriers". Même si les faits vécus dans ce reportage sont réels, il s'agit d'une minorité qui n'est pas représentative et que si on adapte les lois uniquement en fonction de leur vécu, on prive de LIBERTÉ 99,96% (selon une étude française) des autres personnes utilisatrices de services en santé mentale qui auront à vivre une hospitalisation en psychiatrie.
Je suis davantage préoccupé par les propos du psychiatre de Pînel dans ce reportage. Il a mentionné que si les personnes ne voulaient pas prendre les médicaments, qu'il n'avait pas de moyen légal de les en empêcher, qu'il ne pouvait pas garder quelqu'un contre sa volonté etc. Une partie de ses affirmations sont vraies SELON LA LOI. Dans les faits, et cet homme le sait très bien, j'en suis convaincu, lorsqu'une personne est hospitalisée en psychiatrie, il est très difficile de faire respecter ses droits. À titre d'exemple, il sera pratiquement impossible d'aider à faire quitter l'hôpital à une personne qui est hospitalisée illlégalement, même lorsque nous contactons la police, elle ne veut pas s'en mèler. Le pouvoir est concentré à l'intérieur des mains du psychiatre, et Chamberland, le psychiatre d'ENJEUX en veut davantage car un des seuls leviers qu'ont les personnes contre ce pouvoir sont les Lois et les tribunaux et Chamberland s'attaquait à la Loi.
Les ordonnances de garde en établissement sont prononcées en cour du Québec dans une proportion de 94%, cela m'inquiète davantage pour les personnes utilisatrices de services en santé mentale que les pulsions violentes d'une infime minorité d'entre eux. Je crois qu'il est là le principal ENJEUX, et c'est ce qui est révoltant d'un tel reportage, que l'on monte en épingle des situations d'exception. C'est un peu comme si l'on proposait d'emprisonner tous les motards (soit les personnes qui ont une moto) sous prétexte qu'un certain nombre d'entre eux sont criminalisés, ou encore qu'on demandait "Tolérance zéro" pour l'alcool au volant pour toute la société sous prétexte qu'une minorité conduit sous les effets de l'alcool.
Je suis bien content que le message de notre regroupement national, soit l'AGIDD-SMQ, ait été publié dans les médias afin la question des droits des personnes que nous rencontrons chaque jour soit entendue.
En terminant, j'ai trouvé un nouveau mot pour décrire le reportage de la semaine dernière soit sensationnalisme. Les gens veulent voir des drames humains qui leur donneront des émotions (peu importe lesquels) à la télévision, et le reportage de la semaine dernière en contenait plusieurs. Je ne suis cependant pas en accord que l'on brime une majorité de personnes pour une minorité et c'est ce que je déplore du reportage d'ENJEUX, car l'impact qu'il peut avoir sur une majorité de personnes utilisatrices en santé mentale pourrait être désastreux.
Dernière édition par le Ven 3 Nov - 11:49, édité 1 fois |
|  | | Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Mer 25 Oct - 16:05 | |
| Le mythe est de plus en plus fort
Les personnes souffrant de schizophrénie font face à un public qui croit qu'elles sont potentiellement violentes. Selon un sondage réalisé aux Etats-Unis en 1996, 61% des adultes croient qu'une personne souffrant de schizophrénie est 'vraisemblablement' (48%) ou 'très vraisemblablement' (13%) susceptible de faire usage de violence envers les autres. Les résultats sont semblables au Canada où une étude faite en 1998 révèle que quatre répondants sur cinq pensent que les personnes étiquetées comme malades mentales sont dangereuses et violentes.
Une étude comparable faite par le U.S. Surgeon General's Office fait état, pour sa part, d'un pourcentage plus bas (31% des répondants décrivant les personnes souffrant de maladie mentale comme potentiellement violentes). Toutefois, et cela donne le frisson, le rapport souligne que depuis que les données sur le sujet ont commencé à être enregistrées en 1950, il y a deux fois et demie plus de répondants qui lient la maladie mentale à la violence. Le rapport conclut que l'opinion voulant que les personnes souffrant de psychose sont dangereuses est plus forte aujourd'hui qu'elle ne l'était dans le passé.
Et pourtant
Compte tenu des progrès réalisés sur le plan de la sensibilisation et de l'éducation du public depuis les années cinquante, les chercheurs s'attendaient à un autre résultat : ils croyaient qu'avec le temps, le mythe de la violence aurait diminué et au contraire, la force de ce mythe a augmenté de façon constante, année après année. La perception d'un lien avec la violence est un phénomène qui s'est accru au cours des 40 dernières années même si le niveau de compréhension de la maladie est meilleur, souligne le rapport.
La vérité, en fait, est que seul un très petit nombre de personnes souffrant de schizophrénie (ou d'une autre maladie mentale) sont violentes. Cette vérité toutefois a beaucoup de difficultés à prévaloir sur le mythe envahissant et très publicisé qui relie la schizophrénie à la violence.
Le problème provient carrément des médias et en fournir des examples est très facile, pourtant il est tout à fait possible de présenter la schizophrénie d'une manière positive, le film "Un homme d'exception" en est un exemple et il y en à d'autres.
Que Radio-Canada donne dans le sensationalisme lorqu'on adresse une question comme celle-ci, c'est ce que j'appelle un manque de responsabilité sociale, mais au niveau des cotes d'écoutes je conviens que ça rapporte.
Hydrazine _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum |
|  | | PUNKER Impliqué


Age : 36 Inscrit le : 03 Juin 2006 Messages : 11 Organisme : S.R.A.A.D.D. / C.Q.M.
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Mer 25 Oct - 20:05 | |
| Merci Frank pour la nuance apportée dans tes propos ! :-) _________________ PUNKER's World !
L'intérêt commun supplante l'intérêt individuel, c'est le principe de base de la démocratie ! Et vive Indochine !
Dernière édition par le Mar 7 Nov - 8:16, édité 1 fois |
|  | | Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Mer 25 Oct - 20:34 | |
| Les médias entretiennent le mythe
Punker dit:
| Citation: | | Je ne crois surtout pas que nous pouvons ignorer des faits aussi troublants, et je ne crois pas qu'il est nécessaire de généraliser non plus. |
Écoute Punker, j'estime que ton point de vue est intéressant et bien exprimé, je comprend bien ta position, je crois qu'il y a lieu d'approfondir les questions que tu soulève dans un contexte de préjugé favorable à accorder aux personnes utilisatrices de services en santé mentale ceci dans la considération que ces personnes en portent probablement plus que nécessaire sur les épaules en terme de stigmatisation sociale. Par conséquent je t'invite à revenir sur ce sujet de discussion pour nous informer davantage à propos de ta vision des chose qui me semble tout à fait pertinente en raison de ton expérience, un Forum c'est fait pour ça.
Quoiqu'il en soit, j'aime assez l'analyse de Frank, dans un contexte de défense de droits c'est le bons sens élémentaire qui parle et celui-ci nous indique de prendre systématiquement fait et cause pour les personnes utilisatrices, et dans cette bataille je serais surpris que malgré les divergences d'opignion normales, des opposants à cette cause en viennent à poster sur ce Forum.
Ceci étant dit
Selon l'Association canadienne en santé mentale (ACSM), la plupart des croyances que le public en général entretient au sujet de la schizophrénie proviennent des descriptions de la maladie présentées dans les films et à la télévision. L'ACSM, division de l'Ontario, affirme que 70% des personnages atteints de maladie mentale que l'on peut voir à la télévision sont décrits comme violents et dangereux. " Ces portraits déforment la perception du public et renforcent les idées fausses sur la maladie mentale ". Il existe des exemples bien connus de personnages fictifs atteints de schizophrénie qui commettent des crimes violents tout aussi fictifs :
Des films d'horreur ont présenté pendant des années des personnages atteints de maladie mentale qui s'étaient évadés (Halloween, Le silence des agneaux, etc.) ou des déments criminels (Psycho) comme des " méchants " et maintenant la soif de sensationnalisme atteint même les reportages soi-disant sérieux de notre télévision d'État, malheureusement dans un système comme le notre la vérité c'est ce qui est vendeur.
Des personnages au profil aussi négatif que ceux décrits plus haut ont mené à la mise sur pied par l'Alliance nationale pour les personnes atteintes de maladie mentale d'une campagne pour lutter contre la stigmatisation. Stella March qui a dirigé la campagne a souligné que les mythes affectent toutes les personnes qui ont reçu un diagnostic de schizophrénie. Le mythe de la violence est un stigmate qui érige un mur de discrimination, de préjugés et d'isolement pour toute personne souffrant d'une maladie mentale, particulièrement lorsqu'elle est à l'étape de la réhabilitation et qu'elle cherche un logement, un emploi ou qu'elle désire faire un retour aux études, dit Madame March.
Ceci étant dit on incrimine facilement la maladie ou l'individu, mais je serais curieux de savoir quelle incidence peut avoir le type de médication administrée aux psychotiques sur certains actes violents. Une chose est certaine sujet des neuroleptiques, ceux-ci réduisent l'état psychotique, mais pour celui ou celle qui arrête sa médication ce geste correspond à défoncer un barrage puisque le cerveau réagit à cette substance en multipliant les connexions synaptiques au fur et mesure qu'elles sont bloquées.
Pourquoi à "ENJEUX" ne pas remettre en cause la pertinence des traitement consacrés par le lobby de l'industrie pharmaceutique ?
Beaucoup trop sérieux ou alternatif comme approche, les gens ordinaires qui écoutent la TV n'ont pas le quotient intellectuel pour comprendre ça, en plus remettre en cause les vieux patrons de la bio-psychiatrie ça ne se fait pas, et le sensationnalisme est une valeur sure, "ça pogne".
Hydrazine _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum
Dernière édition par le Jeu 26 Oct - 1:25, édité 4 fois |
|  | | PUNKER Impliqué


Age : 36 Inscrit le : 03 Juin 2006 Messages : 11 Organisme : S.R.A.A.D.D. / C.Q.M.
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Jeu 26 Oct - 0:33 | |
| Merci de comprendre ma position, Hydrazine.
Je suis d'accord avec ce que tu dis, à ce que Frank dit également. Je suis d'accord à dire que le point de vue de cette émission peut fausser l'interprétation juste de la réalité et qu'elle a passé à côté de l'autre réalité, soit les 99,96% des autres personnes vivant un problème de santé mentale qui ne sont pas violentes, selon la statistique amenée par Frank et que j'ignorais. Merci d'avoir amenée cette statistique, Frank ! ;-)
JAMAIS je n'ai proposé de brimer la liberté des autres personnes non dangereuses, JAMAIS cela m'a passé par l'esprit, JAMAIS je n'ai proposé ceci dans mes propos, JAMAIS même cela m'a traversé l'esprit parce que je sais ce que c'est que de perdre sa liberté en psychiatrie et que la médication n'apporte pas toutes les solutions et créent parfois d'autres problèmes, notamment de santé physique et ça, ENJEUX n'a pas abordé cet aspect.
ENJEUX nous a proposé un point de vue. La journaliste n'a pas fait état de TOUS les points de vue non plus et en ce sens, c'est la lacune du reportage.
La défense des droits des personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale vise TOUTES les personnes vivant un problème de santé mentale, incluant les 0,04% des personnes exprimant une violence au sein d'une problématique de santé mentale.
Je crois que de nuancer nos propos et nos positions est pertinent, voire primordial, par contre; c'est pas parce qu'eux ne l'ont pas fait que nous devons adopter des positions radicales pour autant. Dans mon éditorial de septembre 2006 du journal L'Équité de la S.R.A.A.D.D. / C.Q.M., j'ouvre mon point de vue sur cette violence qui a sévi à l'école Dawson par le biais de Kimveer Gill le 13 septembre dernier. Gill n'avait pas de diagnostic de problème de santé mentale mais forcément, sa santé mentale était affectée lorsqu'il a commis ce geste pathétique. Comment aurait-on pu prévenir un tel geste ? Il avait laissé des indices sur Internet, soit, mais ce ne fut pas encore assez pour prévenir son geste. Tenir des propos comme il l'a fait aurait pu alarmer quelqu'un, mais personne n'a sonné d'alarme. C'était un signe avant-coureur, un indice qu'il a laissé avant de commettre son acte, mais qui a passé sous silence. Des drames comme celui-là sont malheureux, les exemples du reportage sont malheureux aussi et OUI, le reportage n'exposait pas tous les points de vue et n'expliquait pas tout. En plus, il biaise le reste de la réalité, il n'a exposé qu'une facette, qu'une seule réalité mais une réalité que je juge préoccupante.
Ce serait le moment opportun pour décrier que les ressources disponibles pour les personnes aux prises avec un problème de santé mentale sont peu suffisantes et que la psychiatrie n'est pas l'unique solution pour les maux d'âme. Les personnes aux prises avec un problème de santé mentale sont trop souvent laissées à eux-mêmes. Quand une personne reçoit un diagnostic de bipolarité ou de schizophrénie, trop souvent la psychiatrie prétend que le problème est génétique ou qu'il s'explique par un dysfonctionnement du cerveau. Il existe une élite qui prétend qu'un cerveau peut être malade et mal fonctionner, comme toutes les autres parties du corps. Pourtant, cela demeure un argument non prouvé scientifiquement encore. La médication qui est donnée à ces personnes est modulé par l'essai et l'erreur sur la personne cobaye, et le médecin doit réajuster plusieurs fois les doses, voire même les types de médicaments prescrits, parfois au risque de la santé des personnes. Tout ça parce que c'est encore une science très inexacte et que les problèmes de santé mentale demeurent un mystère non entièrement résolu.
Alors quand la psychiatrie considère que le problème de santé mentale s'explique par un dysfonctionnement du cerveau ou une tare génétique, tout ce qu'il reste à faire pour la personne est de gober sa dose. Pour avoir vécu cette situation, j'ai senti que l'on ne s'occupait pas de ce qui m'avait amené à vivre un tel problème. Jamais ils n'ont essayé de vraiment comprendre la souffrance psychologique qui m'avait amené là, comme si tout s'expliquait par la médecine biologique. Et tout ce temps-là, j'ai souffert, je me suis senti incompris, pas écouté, et il aurait fallu que j'accepte de geler mes émotions et mon ressenti avec une médication abrutissante. J'ai dû moi-même aller chercher l'aide et le soutien nécessaire en faisant des pieds et des mains pour trouver des gens capables de m'aider, j'ai tenté de trouver des réponse à l'aide de lectures, de recherches et en identifiant toutes ces souffrances et en luttant fort pour les soulager, et grâce au principe de gestion autonome de médication de l'âme, je suis parvenu à m'en sortir très bien malgré tout, mais je n'ai pas pu compter sur la psychiatrie pour m'aider à ces niveaux. Ils m'ont plutôt abandonné à ma souffrance et m'ont servi un cocktail de médicaments pour m'abrutir. Et c'est là le coeur du problème et ça, on n'en parle pas de cette manière très souvent dans les médias.
Je serais curieux de connaître le pourcentage de personnes qui ignorent encore qu'ils possèdent une santé mentale. Quand on l'ignore, on ne peut agir concrètement pour s'aider. Dans l'escalade des problèmes que vit une personne, le point culminant est le jour où elle se sent dépassée par sa situation faute d'avoir été aidée correctement.
Notre société doit davantage favoriser l'aide qu'elle peut apporter à toutes ces personnes. La base de la solution est une meilleure connaissance de sa santé mentale, la présence de personnes significatives et vigilantes, le soutien psychologique, la sensibilisation à la santé mentale et aux problèmes de santé mentale, la démystification de la santé mentale, etc. Ce sont des arguments que nous avons avantage à faire valoir et j'espère que les médias seront sensibles à ces aspects, pas juste, bien évidemment, aux crimes crapuleux d'une minorité.
La prévention est une partie de la solution afin que les personnes puissent vivre plus équilibrée psychologiquement. En connaissant mieux ce qu'est la santé mentale, on peut faire tomber les tabous et ainsi mieux aider et prévenir certaines situations.
Jamais on ne pourra enrayer les actions violentes des 0.04% des personnes dangereuses et ce n'est pas une loi qui peut y changer quelque chose. Si on obligeait toutes les personnes jugées dangereuses à prendre leur médication, on créerait d'autres problèmes. OUI, il faut absolument mieux faire connaître la réalité des 99,96% autres personnes pour mettre en lumière la non-dangerosité de ces personnes. Y'a encore des tabous à abattre et c'est à nous de ne pas lâcher le morceau en tant que défenseur des droits pour ces personnes.
Le reportage d'ENJEUX ne faisait pas place à tous ces aspects. Il a mis le focus sur la violence commise par des personnes que l'on aurait peut-être eu intérêt à juger dangereuses afin de prévenir ces actes malheureux. On a parlé dans ce reportage de l'importance de la médication pour ces personnes afin qu'elles gèrent mieux leur violence, et pour certaines personnes, ça leur réussit. Mais il n'a pas été démontré que c'était la solution pour tous. Ce reportage voulait expliquer que des actes malheureux sont parfois commis par des personnes aux prises avec un délire psychotique ou schizophrénique, mais il n'a pas expliqué que parfois, certaines personnes ne reçoivent pas de diagnostic avant de commettre un tel geste, comme Kimveer Gill, ou encore que certains criminels se servent de cet argument pour justifier le ou les meurtres qu'ils ont commis, un argument leur servant d'échappatoire à une peine plus sévère. Bref, le reportage d'ENJEUX est loin d'avoir tout expliqué, il n'a touché qu'à un volet bien précis, et même pas d'une façon globale.
Je souhaite ainsi que mon point est davantage en accord avec ce que vous pensez et qu'il est plus clair. Je crois simplement que plutôt de monter aux barricades en minimisant les actions des 0.04%, nous ne pourrons faire comprendre notre point de vue. Cette réalité existe et nous devons démontrer que nous y sommes sensibles si nous voulons faire valoir notre point de vue. Je ne crois pas que d'être extrémiste dans nos positions peut aider. La nuance dans nos propos peut juste inciter une plus grande réflexion. Si nous nous montrons insensibles à cette réalité, le message que nous voulons faire comprendre, soit celui de ne pas adopter une solution unique pour toutes les personnes, indifféremment des particularités et de la majorité des personnes vivant un problème de santé mentale mais qui ne sont pas dangereuses pour le reste de la société, nous risquons de nous buter à une fermeture d'esprit, c'est ce que je crois.
Le reportage d'ENJEUX n'était pas nuancé, ne faisons pas la même erreur, c'est le sens de mon propos. Je félicite la position publique de l'AGIDD et du RRASMQ parce que justement, elle apportait cette nuance et exprimait la sensibilité des deux regroupements face aux terribles drames humains vécus. Bravo pour cette réaction, Doris et Jean-Nicolas !! :-))) _________________ PUNKER's World !
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|  | | Hydrazine Administrateur


Age : 55 Inscrit le : 02 Sep 2005 Messages : 424 Organisme : Administrateur: Pro-Def Estrie et AGIDD-SMQ
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Jeu 26 Oct - 22:36 | |
| Statistiques
NRC : "Non responsable criminellement en raison de troubles mentaux. Pour qu’un tel verdict soit rendu, il faut qu’il soit démontré qu’au moment du délit le malade était en plein délire, incapable de différencier le bien du mal".
| Citation: | Homicide
Total des accusés déclarés NRC en 2005 = 6 Total des accusés déclarés coupables en 2004= 106 % des accusés déclarés NRC= 6 % Négligence criminelle et autres infractions entraînant la mort Total des accusés déclarés NRC en 2005 = 1 Total des accusés déclarés coupables en 2004 = 23 % des accusés déclarés NRC= 4%
Tentative de meurtre
Total des accusés déclarés NRC en 2005 = 13 Total des accusés déclarés coupables en 2004= 270 % des accusés déclarés NRC= 5%
Harcèlement criminel
Total des accusés déclarés NRC en 2005 = 203 Total des accusés déclarés coupables en 2004 = 4,506 % des accusés déclarés NRC= 5%
Voies de fait
Total des accusés déclarés NRC en 2005 = 148 Total des accusés déclarés coupables en 2004 = 40,592 % des accusés déclarés NRC= moins de 1%
Agression sexuelle
Total des accusés déclarés NRC en 2005 = 5 Total des accusés déclarés coupables en 2004 = 4,243 % des accusés déclarés NRC= moins de 1%
Vol qualifié ou extorsion
Total des accusés déclarés NRC en 2005 = 23 Total des accusés déclarés coupables en 2004 = 7,197 % des accusés déclarés NRC= moins de 1%
Enlèvement
Total des accusés déclarés NRC en 2005 = 9 Total des accusés déclarés coupables en 2004 = 1184 % des accusés déclarés NRC= moins de 1%
Agression armée ou infliction de lésion corporelle
Total des accusés déclarés NRC en 2005 = 97 Total des accusés déclarés coupables en 2004 = Non disponible % des accusés déclarés NRC= Non disponible |
Méthodologie de Madeleine Roy, journaliste à Enjeux
J’ai d’abord découvert que depuis 1992, dans chacune des provinces canadiennes, c’est une commission d’examen des troubles mentaux qui gère les dossiers des accusés qui sont déclarés non responsables de leurs crimes en raison d’un trouble mental. J’ai fait sortir les statistiques compilées par la commission québécoise pour me rendre compte que, depuis l’an 2000, le nombre de dossiers ouverts annuellement était passé de 285 à 450. Une augmentation de près de 60 %. Y a-t-il plus de personnes malades qui commettent des crimes? Les avocats ont-ils plus fréquemment recours à la défense de non-responsabilité ?
Le Guide de la commission d'examen des trouble mentaux
J’ai demandé des statistiques sur le profil des accusés: qui étaient-ils, de quels troubles mentaux souffraient-ils, quels types de crimes avaient-ils commis? Malheureusement, la commission ne compile pas ce genre de statistiques. J’ai donc décidé de faire ma propre enquête.
En faisant une demande d’accès à l’information, j’ai obtenu la liste des dossiers ouverts en 2005. En consultant, un par un, presque tous ces dossiers, j’ai répertorié environ 1000 infractions, dont un tiers de crimes violents.
Effet, la question se pose : "Y a-t-il plus de personnes malades qui commettent des crimes? Les avocats ont-ils plus fréquemment recours à la défense de non-responsabilité ? " _________________ Cordialement vôtre L'Administration du Forum |
|  | | Negens Impliqué


Age : 18 Inscrit le : 18 Mai 2006 Messages : 24
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Ven 27 Oct - 16:36 | |
| Bonjour à tous
Parmi les personnes qui ont témoignés à cette émission.
Mathieu Cloutier: il a poignardé des inconnus dans la rue parce qu’il pensait qu’ils étaient pédophiles. Mathieu souffre de schizophrénie paranoïde.
Personnellement je ne suis pas schizophrène, mais la question que je me pose en rapport avec son geste est la suivante: Si pour une raison ou une autre je devais un jour être entouré de pédophiles que ce soit par le fait de mon imaginaire ou du réel, qu'est-ce qui m'autoriserais à les poignarder dans la rue ?
En tant que personne soi-disant normale, j'ai souvent l'impression de vivre dans un monde d'imbéciles heureux, c'est peut être le fait de mon imaginaire ou c'est peut-être la réalité qu'en sais-je ? Mais je ne crois pas qu'en aucune circonstance ceci m'autorise à entrer dans un Mac Donald armé d'un AK-47 et descendre tout ce qui bouge question d'épurer le monde de ses ignorants.
Je me vois dire devant la cour "'Monsieur le juge, comprenez mon point de vue, ces personnes étaient trop imbéciles pour mériter de vivre alors je les ai éliminées, sauf le respect des conventions je ne vois pas ou est l'entorse! "
En ce qui me concerne, j'ai l'impression que le problème des personnes que l'émission à choisis de produire en témoignage n'est pas tellement un problème de santé mentale qu'un problème d'éducation ou d'intelligence.
Je pense que différents types de tests permettant d'évaluer d'une part le quotient intellectuel et d'autre part le genre de valeurs qui animent ceux qui perpétuent de tels gestes, permettrait de départager les imbéciles des personnes qui souffrent réellement de schizophrénie et finalement des psychopathes qui sont à mon sens un catégorie à part.
Bref, si une personne dispose d'un quotient intellectuel de 50 par exemple, la norme étant 100, rien ne sert d'incriminer un problème de santé mentale car à ce niveau il n'y pas l'intelligence suffisante pour estimer que la schizophrénie puisse prendre racine, d'autant plus que l'administration de neuroleptiques a la propriété de réduire encore davantage les capacités intellectuelles, par conséquent il serait de mise dans l'évaluation des violences commise par de telles personnes d'adopter l'attitude du prophète: "pardonner leurs car ils ne savent pas ce qu'ils font ". Si le quotient s'avère au dessus de 130, il s'agirait selon mon point de vue de psychopathes, ces gens là comprennent très bien les règles, probablement mieux que quiconque et leurs "trill" c'est justement de les défier pour en tirer un plaisir érotique ou un sentiment de puissance, par conséquent ils ne sont pas inconscient ni irresponsables de leurs actes.
Je suis parfaitement conscient que mon intervention ne répond pas à toutes les questions mais j'ai l'impression que le phénomène peut être observé sous l'angle que je propose. Autrement dit, lorsqu'il faut considérer les actes violents, je ne crois pas que tout doit être systématiquement attribué à une condition de santé mentale. En fait, je connais quelques schizophrènes qui se sont suicidés parce qu'ils avaient l'impression de vivre dans un monde d'imbéciles heureux, mais je n'en connaît aucun qui ait fait de mal à qui que ce soit parce que le réel n'avait pas la vertu de correspondre à leur imaginaire.
Mais encore, bien que je dispose d'un imaginaire qui s'oppose bien souvent au réel, il me faudrait aussi comprendre ce qu'est la schizophrénie... Ma référence ultime à cet égard c'est le roman de Cervantez, ici l'imaginaire psychotique de Don Quichotte se dédie à la protection de la veuve et l'orphelin. Autrement dit, un schizophrène animé de bonnes valeurs n'a rien à voir avec un schizophrène propulsé par de mauvaises valeurs.
Ceci étant dit, il faudrait aussi interroger l'échelle de valeurs d'un individu avant d'incriminer systématiquement la maladie mentale et considérer que les schizophrènes sont par nature portés à la violence.
Negens _________________ Ni aimer, ni haïr : voilà la moitié de toute sagesse... Ne rien dire et ne rien croire : voilà l'autre. Arthur Schopenhauer |
|  | | Jean-Luc Modérateur

Age : 55 Inscrit le : 17 Nov 2005 Messages : 66 Organisme : RAIDDAT
| Sujet: Délires psychotiques ou autres Mer 1 Nov - 23:18 | |
| J'accompagne des personnes qui vivent des psychoses ou autres troubles et souffrances. Certaines vivent de la honte, de la culpabilité, des regrets, ou encore le sentiment que leur vie est foutue. Nous, les témoins de leurs lendemains, les aidons en vue de la reconquête de leurs droits, de leur pouvoir, de leur place dans l'humanité. Chez certaines de ces gens, il y a eu des délires suicidaires ou meurtriers qui ont aussi bouleversé profondément la vie de ceux et celles qui les aiment.
Cette réalité devrait inspirer le recueillement plutôt que la banalisation. La récente émission Enjeux traitait de ces cas particuliers de personnes réelles qui ont le mérite de nous rendre sensible à cette réalité. On ne peut que les en remercier et rendre hommage à toutes les personnes qui ont témoigné du fond de leur courage. Merci à mme Théona Saint-Laurent, à Guylaine, la sœur de Daniel, et aux personnes qui ont témoigné de leurs épisodes de troubles passés.
Pour ce qui est de l'aspect tendancieux du reportage journalistique, une réaction plus que pertinente a été publiée dans le journal Le Soleil du 23 octobre 2006, sous la plume de me Ladouceur et Plamondon. Quelqu’un devait donner l’heure juste sur la réalité des droits : c’est fait. Prenant appui sur une excellente étude du groupe Action Autonomie, ils ont réagi en leaders, avec brio.
LIEN: "Des libertés bien fragiles" LIEN: Action Autonomie
Tout comme le personnel des 14 autres groupes de défense des droits au Québec, je consacre une part importante de mes énergies à l'accompagnement de personnes qui ont vécu des problèmes de santé mentale. Je collabore aussi avec des parents de personnes qui manifestent des délires parfois dangereux. Quelle est notre action? Quels sont nos engagements? Quelle est la contribution de notre organisme alors que se sont produites de telles situations-limites? Voila des questions qui devraient être l'objet d'échanges et de partages dans nos forums.
Il n'y a eu qu'un seul Kimveer Gill qui ait sévi à l'école Dawson, il n'y a qu'une seule Ginette Grégoire qui ait dénoncé les abus à Robert-Giffard, une seule dame a dénoncé les traitements faits à sa sœur hébergée à St Charles-Borromée, un seul directeur d’hôpital, Léon Lafleur, s'est suicidé alors qu'il était en fonction. Pourtant, ces personnes ont forcé par un geste courageux ou par un acte insensé, une réflexion profonde chez la plupart d’entre nous. Voici ce que certains appellent des événements sentinelles, qui marquent la vie d’un grand nombre de personnes.
Tant mieux si nous sommes émus et si nous choisissons de passer à l'action pour construire des milieux plus respectueux des droits, plus civilisés, plus nobles et plus humains.
Dernière édition par le Ven 19 Oct - 16:51, édité 1 fois |
|  | | PUNKER Impliqué


Age : 36 Inscrit le : 03 Juin 2006 Messages : 11 Organisme : S.R.A.A.D.D. / C.Q.M.
| Sujet: Re: Émission Enjeux «Les délires meurtriers» Ven 3 Nov - 8:03 | |
| Oui, voilà, bien dit, Jean-Luc ! Que ce reportage nous serve de base de réflexion, tant du côté des droits des personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale que du côté des droits des personnes les entourant car "le droit d'une personne s'arrête là où il aliène le droit d'autres personnes" et le droit à la vie ne doit pas être inférieur au droit des personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale.
Si mes propos vous choquent, sachez que j'ai vécu un problème de santé mentale dans le passé et qu'aujourd'hui, je considère qu'on devrait tenter de prévenir, si possible mais non pas, bien évidemment, par une loi généraliste de prise obligatoire de médication, tout geste de violence comme le droit d'enlever la vie à quelqu'un. Si on avorte un projet de violence extrême d'une personne vivant un problème de santé mentale, cette personne ne pourra qu'en être reconnaissante une fois ses esprits retrouvés. Cela pourrait ainsi lui éviter des conséquences encore plus graves résultant d'un acte violent commis en plein délire meurtrier. Le thème d'ENJEUX pouvait choquer, mais il fait foi d'une réalité que l'on ne peut passer sous silence.
Si une personne en plein délire tue quelqu'un, sachez que ses droits seront encore plus diminués après l'acte. Est-ce que c'est ça que nous souhaitons ? La violence est de plus en plus observable partout, et cette violence me préoccupe énormément, autant que le droit des personnes.
Sûrement que si plus de ressources étaient disponibles dans la communauté pour ces personnes, j'imagine que davantage d'actes violents pourraient être évités. C'est une thèse de ce genre que nous pouvons revendiquer au lieu de réduire la portée des gestes violents à des actes isolés. La répercussion de ces actes a une grande portée et peut mener à des phobies ou des problèmes de santé mentale chez d'autres personnes, ça aussi c'est une réalité non souhaitable.
Ayons une vision globale, nous avons tout à y gagner ! _________________ PUNKER's World !
L'intérêt commun supplante l'intérêt individuel, c'est le principe de base de la démocratie ! Et vive Indochine ! |
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